‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 108 sur 288 · ACTE I, SCÈNE Vllt loi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Vllt loi

je suis pince et bien pincé... pas comme je Tétais avec Ëglantine ou Toto.

MOLINEUF.

Je comprends.

LE IIOUSSEL.

Ah! je suis très embêté.

MOLINEUF.

Il y a de quoi.

LE IIOUSSEL.

Quand je m'en suis aperçu, je ne voulais pas le croire.

MOLINEUF.

Le lui avez-vous dit?

LE IIOUSSEL.

J'ai failli deux ou trois fois, mais les mots ne me viennent pas. Autant je connais mon affaire avec un certain genre de femmes, autant avec les autres je manque d'initiative. Qu'est-ce que vous pensez de ça, Molineuf, avec votre expérience? Ai-je des chances? N'en ai-je aucune?

MOLINEUF.

Vous êtes très mal tombé. Herbaut, ménage excellent, âges assortis; jolie fortune... vous n'avez même pas la ressource d'utiliser vos mines d'or. On a beaucoup fait la cour à madame Herbaut, des gens très bien, des professionnels. On ne peut pas en citer un qui ait abouti, ou même qui se soit sérieusement approché...

LE IIOUSSEL.

Mauvais, tout ça, mauvais!

MOLINEUF.

Et puis, vous n'êtes plus trop dégourdi.

LE IIOUSSEL.

Vous avez le même âge que moi, et ça ne

vous empêche pas d'être l'amant d'une femme mariée.

MOLINEUF.

Pardon! Qui vous a dit que j'étais l'amant d'une femme mariée?

LE HOUSSEL.

C'est vous.

MOLINEUF.

Ah! mais moi, ce n'est pas la même chose.

LE HOUSSEL.

Et pourquoi?

MOLINEUF.

Parce que moi, je n'étais pas le premier et que vous, vous le seriez probablement. Et, à notre âge, on peut encore recevoir dans ses bras une femme qui tombe, mais on ne peut plus la faire tomber soi-même.

Je suis moins pessimiste que vous.

Entrent par lu droite. Hélène, Herbaut et madame

Plesiwis.

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