ACTE II, IIe TABLEAU, SCÈNE IV
PERVENCHE
C'était un mensonge. Et après?...
BRASSAC
Eh bien! il ne me plaît pas que vous soupiez avec Clapotin.
PERVENCHE
Je suis venue justement pour avoir une explication avec toi.
RRASSAC.
Je vous écoute.
PERVENCHE
Une question d'abord. As-tu l'intention de m'épouser un jour ?
BRASSAC, stupéfait
Tu dis?...
PERVENCHE
Je répète. As-tu l'intention?...
BRASSAC
J'ai compris... Laisse-moi rire.
PERVENCHE
Tu ne m'épouseras jamais?
BRASSAC, riant.
Pas tout de suite. Nous avons le temps.
" PERVENCHE
Dans ce cas je t'annonce que je te quitte et que je me mets avec Clapotin.
BRASSAC
Tu es folle, mon enfant, littéralement folle.
PERVENCHE
Je vous prie de ne pas me dire de grossièretés, n'est-ce pas? Vous m'avez toujours traitée comme un joujou, sans aucune considération. A la Fin, j'en ai assez.
BRASSAG.
Voilà la rengaine.
PERVENCHE
Vous me prenez pour une cocotte ordinaire, comme celles que vous avez fréquentées jusqu'ici. Vous avez tort, mon cher.
BRASSAG.
Excusez-moi.
PERVENCHE
Sachez que j'ai reçu de l'instruction et même de l'éducation. Vous ne vous en êtes peut-être jamais aperçu?
BRASSAC
Pardon, pardon, plusieurs fois.
PERVENCHE
Si je ne suis pas une femme du monde, c'est la faute des circonstances, vous entendez ; car j'ai été en pension avec des jeunes filles très bien, qui se sont mariées depuis, comme madame Herbaut, par exemple, la femme de monsieur Herbaut, dont je vous ai fait faire la connaissance.
BRASSAG.
Je vous en remercie. Mais est-ce que vous vous imaginez que Clapotin va vous épouser?
PERVENCHE
Il me Ta laissé entendre;
Ma pauvre petite, je ne veux pas contrarier ta manie, mais tu te conduis comme une dinde.
PERVENCHE
Ça me regarde.
BRASSAC
Il se moque de toi, Clapolin. Ce n'est pas un garçon sérieux, c'est un sauteur.