‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 183 sur 288 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

JACQUES

Merci, mon bon Pîesnois.

PLESNOIS, à Molineuf.

Ah! vous... que je n'oublie pas... j'ai une commission à vous faire. Ma femme, en apprenant que je venais vous voir, n'a pas voulu venir le même jour. Elle m'a prié de vous dire qu'elle viendrait demain.

MOLINEUF.

A quelle heure?

PLESNOIS.

A trois heures. (A Jacques.) Oui, cher ami, l'opir nion au cercle est unanime en votre faveur. Vous n'avez eu qu'un détracteur, mais il a été remisé vertement, je vous prie de le croire.

JACQUES

Qui ça, mon Dieu?

PLESNOIS.

Revinel, naturellement, le célèbre tapeur.

JACQUES

Il me doit cent louis, il me défaine. Nous sommes quittes.

Ces gens-là, mon cher, il faut leur donner tout de suite des calottes ou les mépriser absolument. C'est ce dernier parti que j'ai adopté et aujourd'hui il peut dire tout ce qu'il voudra contre moi... il peut même aller raconter partout que ma femme a un amant... ça m'est parfaitement égal.

JACQUES

Gomment! il ose?...

PLESNOIS.

Et devinez quel est l'amant qu'il donne à madame Pîesnois?

MOLINEUF.

Je serais curieux de le savoir.

PLESNOIS, â Molineuf.

Vous. Ça devenait comique.

MOLINEUF.

Moi? En effet, il vaut mieux en rire.

PLESNOIS, à Jacques.

Mais, madame Herbaut elle-même, mon cher, votre femme, qui est au-dessus de tout soupçon et dont je répondrais plus encore que de la mienne...

JACQUES, machinalement.

Mais je l'espère... (Se reprenant.) Continuez, cher ami.

Madame Herbaut n'a pas trouvé grâce devant ses petites perfidies.

JACQUES

Tiens! tiens! 11 dit que ma femme a un amant?...

PLESNOIS.

Il n'oserait pas. Il se contente d'insinuer qu'un de nos collègues la serre de près.

JACQUES

Pas de très près, alors, parce que je ne m'en suis pas aperçu. Et quel est ce collègue?

PLESNOIS.

Préparez-vous à vous amuser énormément.

JACQUES

Je suis prêt.

PLESNOIS.

Le Roussel!... Le Roussel!...

JACQUES

Très gentil.

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