‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 186 sur 288 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

HÉLÈNE

Oui... Oui... Oui...

JACQUES

Par exemple, je serais curieux de savoir...

HÉLÈNE

Où je les ai trouvés, n'est-ce pas ? Pardi ! je les ai empruntés.

JACQUES

Tu as emprunté, toi!... Et à qui, s'il te plaît?

A Le Houssel !... A ce bon Le Houssel \

JACQUES

A Le Houssel!... Tu as eu l'aplomb de!... Ça, c'est trop fort ! C'est trop fort !

HÉLÈNE

Dans la situation où tu étais, j'aurais emprunté au Pape !

JACQUES

Ça aurait mieux valu... Mais à Le Houssel !... A un homme qui... Non, c'est d'une inconscience! d'une indélicatesse!...

HÉLÈNE

Indélicat! Qu'est-ce que ça a d'indélicat, je te prie de me le dire ! Non, je te prie de me le dire?... Cite-moi un précepte de morale qui blâme ce que j'ai fait, je t'en délie !

JACQUES

Il n'y a pas que la morale... Il y a les convenances, les préjugés, un tas de considérations. Je suis furieux... et ce qu'il y a d'exaspérant, c'est que tu n'as pas l'air de te douter que tu as fait quelque chose d'énorme ! Tu ne t'en doutes pas, n'est-ce pas ?

HÉLÈNE

Non... Oh ! non.

C'est ta lacune... Tu as une lacune... Je frémis en pensant à ce que tu ferais, si tu n'étais pas une honnête femme... Et il ne t'a rien dit, Le Houssel ?

HÉLÈNE

Il a été très gentil... Il m'a donné un chèque. Tiens, le voici.

JACQUES

Alors, il t'a donné un chèque comme ça... tranquillement.

HÉLÈNE

Oui... (Le regardant.) Eh bien ! non, je ne veux pas te dire de mensonge... Je vais te dire la vérité...

JACQUES

Qu'est-ce qu'il y a encore, nom d'un chien!

HÉLÈNE

Il y a... ah î ah ! c'est amusant quand on y réfléchit.

JACQUES

Mais va donc !

HÉLÈNE

Voilà que cet imbécile de Le Houssel était devenu amoureux de moi!...

JACQUES

C'est le comble !...

Et il a eu l'audace de me déclarer sa flamme quand je lui ai demandé l'argent... Je l'ai flanqué à la porte à ce moment-là, tu penses... Après quoi, je l'ai abreuvé d'outrages... Laisse donc, ne findigne pas, ça a lini par être plutôt drôle. Car il

Page 1