ACTE IV, SCÈNE XII
LA COMTESSE
Quelle horreur, mais je veux vous sauver, mon Antonio! Je vous adore, j'ai une passion folle, je ne saurais plus me passer de vous...
BRASSAC
Moi aussi, je vous adore.
LA COMTESSE
Vous êtes mon amant, aujourd'hui, j'ai des droits sur vous.
Je ne m'y oppose pas, ma Miquita !
LA COMTESSE
C'est pourquoi il ne faut rien me cacher. Vous êtes en prison pour avoir fait ce qu'on appelle en français un pouf?...
BRASSAC
Oui... C'est l'expression.
LA COMTESSE
C'est-à-dire pour avoir perdu à la Bourse ou dans des opérations véreuses...
BRASSAC
Vous connaissez admirablement la langue française, ma chérie...
LA COMTESSE
Laissez-moi continuer... pour avoir perdu de l'argent qu'on vous avait confié... Je ne me trompe pas, je crois...
BRASSAC
Du tout, comtesse.
LA COMTESSE
Et vous voyez, à ce propos, combien j'avais raison de me méfier de vous comme banquier.
282 la bou«se or la vu:
Vous êtes la sagesse même.
LA COMTESSE
Mais il n'est pas question de cela. Arrivons à la réalité, qui est celle-ci : je vous aime, vous êtes mon Antonio et je vous sauverai. J'ai quatre millions, peut-être même davantage.
BRASSAC
Vous?
LA COMTESSE
Et je vous offre ma main. Voulez-vous être mon mari ?
BRASSAC
Mais, c'est la joie... le bonheur... le...
LA COMTESSE
Par exemple, il faudra payer intégralement tout ce que vous devez à tout le monde. Je veux d'un époux qui soit considéré à Paris, et qui ait une bonne réputation.
BRASSAC
Je m'y engage.
LA COMTESSE
Serez-vous considéré de nouveau, quand vous aurez payé?
BRASSAC
Je vous crois!
LA COMTESSE
Autant que vous l'étiez autrefois?
Davantage...
LA COMTESSE
Alors, vous êtes heureux, mon Bébé?
BRASSAC
Vous pouvez le dire, ma reine.