ACTE I, SCÈNE IX
JOSEPHINE, en larmes.
Oh î patronne...
CHARLOTTE
C'est vrai? C'est ce monsieur qui t'a envoyé?...
JOSÉPHINE, toujours entre deux sanglots.
Oui... Il est venu tout à l'heure... Je ne lui avais jamais parlé, moi... Il m'a donné ça...
CHARLOTTE, souriant.
Tu l'as accepté?
JOSÉPHINE, même jeu.
Non. . Ah! oui... Il m'a offert un hôtel, des chevaux, une voiture... Tenez, là, à cette adresse.
Je vois hien... Ce n'est pas la peine de sangloter comme ça.
JOSÉPHINE, se remettant peu à peu.
Je ne sais pas quoi faire, moi...
CHARLOTTE
Tu ne me demandes pas un conseil, j'espère?
JOSÉPHINE
Oh ! non... Vous êtes sage, vous, vous êtes raisonnable.
CHARLOTTE
Je vois que tu ne te feras pas beaucoup prier.
JOSÉPHINE, timidement.
C'est bien difficile de refuser, dites?
CHARLOTTE
Il paraît que c'est très difficile. Te plait-il au moins un peu, ce monsieur?
JOSÉPHINE
Il a l'air d'un bon garçon.
CHARLOTTE
Allons ! je devine qu'on ne te verra pas ici lundi?
JOSÉPHINE
Je ne... pense pas. Vous ne me gardez pas rancune ?
CHARLOTTE
Moi? Je ne te souhaite qu'une chose, c'est d'être parfaitement heureuse. Tu vas mener la vie que tu désirais. Tu voulais des bijoux et des toilettes, tu les as tout d'un coup, comme dans un rêve. Tâche de ne pas perdre la tête.
JOSÉPHINE, émue.
Dites, patronne?
CHARLOTTE
Quoi?
JOSÉPHINE
Voulez-vous me permettre de vous embrasser?
CHARLOTTE
Avec plaisir, mon enfant.
(Elle l'embrasse. — Entre Geneviève.)
SC EXE X Les Mêmes, GENEVIÈVE.
GENEVIÈVE
Bonsoir, toi... Bonsoir, Joséphine.
JOSÉPHINE
Bonsoir, mademoiselle Geneviève. Au revoir, patronne.
CHARLOTTE
Au revoir, petite.
(Joséphine sorl.)