‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 260 sur 288 · SCÈNE VI JULIEN, SIMONE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI JULIEN, SIMONE

SIMONE

Voici mon affaire...

JULIEN, vivement, regardant si tout le monde est parti.

Oh ! non, n'en parlons pas ! Tout ce que vous me demanderez est accordé d'avance, alors ce n'est pas la peine... Mais, si vous croyez que je vais causer d'affaires avec vous, pour une fois que nous sommes seuls... Avez -vous reçu ma lettre, cette après-midi ?

SIMONE

Mais oui.

JULIEN

Vous avez aussi reçu celle d'hier?

SIMONE

Aussi.

JULIEN

Et celle d'avant-hier ?

SIMONE

Egalement.

JULIEN

Et dans toutes ces lettres je vous dis que je vous aime... Quand me répondrez-vous ?

SIMONE

Quand je serai sûre que vous m'aimez vraiment.

JULIEN

Qu'est-ce qu'il vous faut?

II me faut un peu moins de plaisanterie, un peu moins d'ironie et un peu plus de sincérité.

JULIEN

L'ironie est une des formes de la sincérité.

SIMONE

Trouvez autre chose.

JULIEN

Alors, jusqu'à présent?...

SIMONE

Non, mon ami, non, ce n'était pas ça du tout!

JULIEN

Dame ! nous ne sommes jamais restés ensemble plus de trente ou quarante secondes.

SIMONE

Vous avez compté ?

JULIEN

Il y a toujours vingt personnes autour de nous !

SIMONE

La foule est aussi une solitude. Qui a dit cela?

JULIEN

C'est un homme qui n'est jamais allé à un rendez-vous... Serez-vous chez vous demain dans l'après-midi ?

Non.

JULIEN

Serez-vous ailleurs ?

SIMONB.

Non plus.

JULIEN

Vous ne voudrez donc jamais... jamais?

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