SCENE II
.JULIEN, Le Domestique, puis ROSALIE.
LE DOMESTIQUE
Ce n'est pas la dame, monsieur ; c'est la femme de chambre de la dame.
JULIEN
Faites entrer. (Le domestique introduit Rosalie el
sort.) Bonjour, Rosalie.
ROSALIE
Ronjour, monsieur Julien... Une lettre de madame.
JULIEN
Donnez ! (Il décacheté el lit en faisant des gestes de
colère.) « Ne m'attendez pas aujourd'hui, mon ami. Encore cette maudite migraine ! Venez donc me voir un de ces jours, j'ai à vous parler.» (A lui-même.) Ah! la mâtine!
// remue une chaise violemment.) ROSALIE.
Y a-t-il une réponse, monsieur ?
JULIEN
Oui, Rosalie, (il va à son bureau.) Rosalie ?
ROSALIE
Monsieur?
JULIEN
Je désirerais avoir votre opinion personnelle sur un point très délicat.
ROSALIE
Lequel, monsieur?
JULIEN
Vous connaissez bien votre maîtresse?
ROSALIE
Très bien.
Qu'est-ce qu'elle veut faire de moi
ROSALIE
Oh ! c'est très délicat, en effet, monsieur. Je suis femme de chambre!
JULIEN
Mais vous êtes femme.
ROSALIE
C'est vrai.
JULIEN
Alors, dites?... elle ne viendra jamais ?
ROSALIE
Ce n'est pas le mot.
JULIEN
Ah!
ROSALIE
Mais elle vieudra difficilement. Madame a les idées les plus sérieuses, aujourd'hui.
JULIEN
Quelles idées ?
ROSALIE
Dame... je vous le répète! des idées extrêmement sérieuses.