ACTE IV, SCENE V
JULIEN, après un silence.
Joséphine, vous allez me faire un plaisir.
Ça dépend... De quoi s'agit-il?
JULIEN
11 s'agit d'aller la trouver... de lui parler... de lui faire comprendre.
JOSÉPHINE
Vraiment!... Et vous croyez que Charlotte est une femme à qui on peut dire : « J'ai fini avec l'autre, je ne serais pas fâché de recommencer avec toi ! »
JULIEN
Ce n'est pas cela que je lui dirai.
TOURNEUR
Evidemment.
JOSÉPHINE
Vous ne la connaissez pas, mon cher, avec toute votre intelligence. Vous avez vécu avec elle sans comprendre son caractère, et, avant que vous rencontriez une femme comme ça, vous avez le temps d'en essayer pas mal.
JULIEN
Voyons! soyez gentille, ma petite Joséphine!... Allez chez Charlotte et invitez-la à dîner.
TOURNEUR
Très bien !
JULIEN
Et invitez-moi le même soir.
Ce que les hommes sont fats, c'est inouï!... Mais d'abord, mon cher, je ne peux pas inviter Charlotte, pour une raison très simple : c'est qu'elle a quitté Paris.
JULIEN
Elle n'habite plus Paris!...
JOSÉPHINE
Depuis quinze jours. Geneviève a été nommée institutrice de première classe en province ; elle est allée s'y installer avec sa mère, et Charlotte les a suivies.
JULIEN, avec douleur.
Oh!... Elle est partie! sans me prévenir! sans venir me voir!... Ecoutez, Joséphine, je suis navré !
JOSÉPHINE
Dame!
JULIEN, tombant sur un fauteuil.
Ah ! si j'avais su!... Partie, Charlotte!... Estce possible?...
JOSÉPHINE, s' approchant.
Bêta, ce n'est pas vrai ! Je voulais voir si vous l'aimiez encore.
JULIEN, se levant.
Vous m'avez fait une peur !
Vous n'aimez donc plus Simone ?
JULIEN
Je ne l'ai jamais aimée.
TOURNEUR, à Joséphine.
Tu vois que tu ne le connais pas, le cœur humain.
JULIEN. ,i Joséphine.
Alors, dites... je vous en prie!...
JOSÉPHINE
Je tâcherai d'arranger ça.
JULIEN
Il le faut ! vous l'entendez, petite Joséphine, il le faut!... Trouvez une combinaison, n'importe