‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 282 sur 288 · SCÈNE VI JULIEN, TOURNEUR · texte numérisé non relu

SCÈNE VI JULIEN, TOURNEUR

TOURNEUR

Tu as raison. Je ne me serais pas permis de te donner un conseil dans une circonstance aussi délicate, mais Simone... peuh !

JULIEN

Je n'y ai pas songé une seconde.

TOURNEUR

Certes, ce doit être une maîtresse charmante !

JULIEN

On le dit.

TOURNEUR

Comment!... Non?

JULIEN

Non.

Ça, je le regrette pour toi !

JULIEN

Moi, je ne le regrette plus. J'ai subi la forte crise; mais j'en suis sorti tout à mon avantage.

TOURNEUR

Tant mieux !

JULIEN

Quel effet ça te fait-il, quand tu t'aperçois qu'une femme se moque de toi?

TOURNEUR

Je n'ai jamais réfléchi beaucoup àçajet'avoue... Et toi?

JULIEN

Moi, quand je m'aperçois de ce détail, quand je reconnais à des signes infaillibles que je vais devenir le simple polichinelle entre les mains de la coquette, cette découverte me refroidit instantanément. Je me représente aussitôt l'état d'abrutissement auquel nous réduit la femme aimée, lorsqu'elle veut s'en donner la peine ; je me remémore des exemples historiques, et de toutes ces réflexions il me vient une grande énergie. Je m'éloigne alors en faisant la révérence le plus poliment du monde, et quelques jours après il n'y paraît plus.

TOURNEUR

Tu n'es pas un passionné, au fond.

Je suis un intermittent... Mais j'ai passé de sales journées !

TOURNEUR

Les femmes ne te rendront jamais très malheureux... moi non plus, du reste.

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