ACTE II, SCÈNE XIV
Je me mets entièrement à votre disposition. Nous jouerons une des comédies qu'on a l'habitude de jouer dans ce cas-là. Nous avons justement un avoué dans la famille, profitons-en. Quant à moi, j'ai assez de mener l'existence que vous me faites mener depuis quelque temps ; j'ai assez de la tête pommadée de monsieur Toury;j'ai à m'occuper d'autre chose que de me demander chaque matin si vous prendrez un amant dans
l'après-midi! Mouvement de Lucienne.) Ça m'énerve !
Ça m'énerve!... Recommencez à vous conduire comme une femme qui se respecte, ou bien alors mettez-vous franchement à vagabonder. Mais dépêchez-vous! Car je veux bien être cocu, mais je ne veux pas devenir enragé!
LUCIENNE
Oh!
MADAME VARINOIS, se levant:
Vous avez des expressions d'une vulgarité dégoûtante !
LUCIENNE
Jamais je ne vous pardonnerai ce que vous venez de me dire !
Vous m'y avez contraint. Je vais donc préparer notre déménagement ; vous voudrez bien me faire savoir ce que vous aurez décidé.
Il rentre chez lui /><•!/• l'escalier.) MADAME VARINOIS.
Je suis... je suis étourdie... Et toi?
LUCIENNE
Moi, maman?
MADAME VARINOIS.
Oui.
LUCIENNE
Moi, je ne sais qu'une chose, c'est que mon mari me paiera ce petit accès d'éloquence.
(Elle se dirige vers un bureau qui est du côté de l'escalier, près du pied. )
MADAME VARINOIS.
Que fais-tu ?
LUCIENNE
Je vais écrire une lettre.
MADAME VARINOIS.
Tu n'as pas besoin de moi ?
Non, merci.
MADAME VARINOIS, à la porte.
Et ce Denoizeau qui n'arrive pas ! Pourvu que le baron...
(Elle sort. 1