ACTE III, SCÈNE I I 1 I
LUCIENNE
Après, quoi?
MADAME VARINOIS.
Après le duel, que feras-tu ?
LUCIENNE
En quel sens ?
MADAME VARINOIS.
Oui... que deviendra cette brouille avec Adolphe?
LUCIENNE
Ehî Gomment veux-tu que je le sache? Qu'estce que tu me conseilles ?
MADAME VARINOIS, réfléchissant.
As-tu des torts envers ton mari ?
LUCIENNE
Graves ?
LUCIENNE
Oui.
MADAME VARINOIS, après une pose.
Très graves?
LUCIENNE
Non.
MADAME VARINOIS.
En creusant davantage la question, peut-être cela vaut-il mieux....
LUCIENNE
Et alors ?
MADAME VARINOIS-
Ma chère enfant, du moment que tu n'as pas de torts très graves envers ton mari, il ne faut pas te dissimuler que tu es dans un cas d'infériorité évident, comme dit Edgard... Regardons les choses en face : 11 a le beau rôle.
LUCIENNE
Gela ne signifie rien»
MADAME VARINOIS.
Tu pourrais, à la rigueur, te jeter dans ses bras et lui demander pardon... Mais, c'est toujours une chose délicate que de demander pardon à un homme: on ne sait pas où cela vous entraîne.
LUCIENNE
Je ne nie pas qu'Adolphe ait à se plaindre de moi sous certains rapports, mais enfin, lui aussi a beaucoup changé depuis quelque temps.
MADAME VARINOIS.
Certes !
LUCIENNE
11 est devenu soupçonneux.
MADAME VARINOIS.
Emporté.
LUCIENNE
Tracassier.
MADAME VARINOIS.
Et même brutal... Tu ne l'as pas aperçu, ce matin?
LUCIENNE
Non. Il est parti de bonne heure... il a dû déjeuner au restaurant avec Edgard. J'espère qu'ils auront emmené un médecin ?
MADAME VARINOIS.
Ils ont emmené le docteur Bluche, le médecin du club.
LUCIENNE, songeuse.
Par exemple, il y a un détail qui me traça--'. depuis hier... On entend donc, ici?... Maman, veux-tu être bien aimable?
MADAME VARINOIS.
Parle, mon enfant.
LUCIENNE
Descends chez toi... Va-t'en jusqu'au pied de