ACTE HT, SCÈNE V
ESTELLE, se mettant subitement à pleurer.
Hiî hi! hiï Ah! mon Dieu!
LEVERQUIN, stupéfait.
Qu'est-ce qui te prend ?
ESTELLE, toujours en larmes, «'asseyant.
Tu me trompes?
LEVERQUIN.
Ce n'est pas te tromper, ça, ma chérie... c'est s'amuser... C'est un petit caprice de rien du tout... Nous nous amusons un peu, chacun de notre côté.
ESTELLE, se levant brusquement.
Moi, je m'amuse !
LEVERQUIN.
Je ne te fais pas de reproches.
ESTELLE, indignée.
Alors, tu crois que je te trompe?
LEVERQUIN.
Mais...
ESTELLE
Ah ! mon Dieu ! Je n'ai pas de chance !
(Elle pleure encore.)
LEVERQUIN, très surpris.
Vraiment... tu ne me...?
ESTELLE
Mais, jamais, mon chéri, jamais de la vie, je n'y ai pensé!... Je te le jure!... Tu croyais que je te trompais, alors?... (Geste de Leverquin.) Ah ! quelle horreur!... Parce que tu m'as rencontrée chez un pâtissier... Ah bien! si toutes les femmes qu'on rencontre chez des pâtissiers...
LEVERQUIN, à part.
C'est un rien... et ça fait plaisir tout de même... (Rapprochant d'elle. Ma petite Estelle !
ESTELLE, s'essayant les yeux.
Nous causerons de cela ce soir, monsieur ! nous en causerons.
Bruit de voix dans l'antichambre.) LEVERQUIN.
Ah ! les voici !
Entre Lucienne.
LUCIENNE
Les voici, n'est-ce pas? J'entends...
fLeverquîn va ouvrir la porte de gauche.