‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 9 sur 288 · SCÈNE IV BRIDEL, VARINOIS, MADAME VARINOIS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV BRIDEL, VARINOIS, MADAME VARINOIS

MADAME VARINOIS.

Que dites-vous là, tous les deux?

Nous parlons du printemps... du printemps qui commence... des fleurs... des premières feuilles... du plaisir qu'on aurait d'être dans une belle propriété...

VARINOIS.

Il y en a justement une à vendre, dans les annonces de mon journal... Quatre heures de Paris seulement, à deux kilomètres d'une gare... chasse et pêche... Veux-tu que nous allions la visiter ?

MADAME VARINOIS.

Encore !... Je vous ai déjà répondu à ce sujet. La campagne me tuerait, et vous aussi.

VARINOIS.

Pourtant, le docteur...

MADAME VARINOIS.

Il est très routinier, notre vieux docteur. Je consulterai celui d'Edgard. {Regardant BrideL Vous n'avez pas l'air content, Adolphe?

Eh bien! non, madame, je ne suis pas content.

MADAME VARINOIS.

En vérité!... Et peut-on savoir la cause de cette mauvaise humeur?

Oui, madame, et je vais vous la dire. Je ne suis même pas fâché de la dire devant votre mari... Eh bien ! je trouve que vous recevez depuis quelque temps une société de gommeux, de boursiers, d'hommes du monde, si vous préférez, qui me porte sur les nerfs.

MADAME VARINOIS.

Quel dommage !

Ces messieurs font en outre la cour à vos deux lilles avec un cynisme dont je m'étonne que vous ne vous aperceviez pas... C'est même pour ça qu'ils viennent chez vous... Vous les retrouvez au théâtre, dans les expositions et dans d'autres endroits plus ou moins convenables.

MADAME VARINOIS.

Monsieur!

Ils vous racontent des histoires scandaleuses

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