ACTE II, SCÈNE III
HORTENSE
Jamais de la vie! Ce n'est pas la peine d'insister.
CÉLESTE
Mais pourquoi ? pourquoi ?
C'est beaucoup trop délicat.
CÉLESTE
Quand on va emprunter de l'argent, ce qui est délicat, c'est qu'on ne vous le prête pas.
HORTENSE
Ne parlons plus de cela, je vous en prie, c'est inutile. Vous ne me déciderez pas... Mais je préférerais m'adresser à Tinois, s'il n'y avait pas d'autre ressource.
CÉLESTE
Tiens! c'est une idée... Ça me dit assez, Tinois...
HORTENSE
C'est un très galant homme. Et puisqu'il se marie, je n'ai plus de scrupules à avoir...
ADRIENNE
Ah bah! il se marie?...
HORTENSE
Oui, avec sa gouvernante... Quelle heure est-il?
CÉLESTE
Cinq heures et demie.
HORTENSE
J'ai largement le temps de prendre le train de sept heures et d'être de retour demain à midi.
CÉLESTE
Ça va.
HORTENSE
Et puis, c'est drôle, parce quelle va être affolée, la gouvernante, en me voyant arriver. Ça me décide.
CÉLESTE, à Aérienne.
Toi, tu reviens dîner avec moi, puisque tu es libre ce soir?
ADRIENNE
C'est entendu.
CÉLESTE
A sept heures, le train ?
HORTENSE
Je crois. Regarde dans l'Indicateur.
(Jéleste entre à l'atelier.)