SCENE III ROBERT, AMÉLIE
ROBERT, après tiroir froncé le* sourcils, en regardant du côté de la porte. Lu temps. A Amélie toujours ;tssisr.
Elles ne se quittent plus.
AMÉLIE
Qui?
ROBERT
Hortense et Clotilde.
AMÉLIE
Elles se sont prises d'amitié l'une pour l'autre. C'est très naturel. Elles ont le même âge, elles se ressemblent beaucoup de caractère... Mais j'avoue que moi-même j'ai grand plaisir à voir Hortense. maintenant. Est-ce que ça t'ennuie?
ROBERT
Moi?
AMÉLIE
C'est que tu en as l'air parfois, je t'assure... Comme c'est bizarre ! A son arrivée à Paris, c'est moi qui avais une tendance à me méfier d'elle...
ROBERT
Tiens ! pourquoi?
Je ne sais pas trop... A cause de la sympathie
subite qu'elle t'avait inspirée, peut-être... A cause de certaines réflexions de La Herche... Et aujourd'hui, me voilà presque obligée de la défendre non seulement contre mon frère, mais contre toi.
ROBERT
Contre moi?
AMÉLIE
Est-ce que tu te crois gracieux avec elle, par hasard? Tu te tromperais joliment. Et elle finira par le remarquer. Comme tu es un être capricieux, au fond! Depuis qu'elle a, si heureusement pour elle, changé de position, depuis qu'elle a hérité de ce parent de Chinon, on dirait qu'elle t'agace. Tu es bien le contraire de La Herche, par exemple ! Il ne voulait plus la recevoir parce qu'elle était pauvre. Toi, tu la reçois moins bien depuis qu'elle ne l'est plus. Elle n'a vraiment pas de chance avec sa famille !
ROBERT
Que veux-tu?... Je trouve qu'elle est devenue plus exubérante qu'autrefois... qu'elle est un peu trop gaie.
AMÉLIE
Voilà un reproche ! Mettons-nous à sa place. La pauvre enfant allait de déboires en déboires. Tout à coup, il lui tombe une fortune... d'un parent assez éloigné pour que sa mort ne l'oblige même pas à faire semblant d'être triste, et tu ne voudrais pas qu'elle fût gaie!...
(Elle .se dirige vers la porte de droite par où sont sorties Clotilde et Horlense.)
i;< >!SKRT.
Oui, oui... en effet... je ne suis pas juste. C'est une bonne fille, pleine de qualités. Tu as raison...