ACTE III, SCÈNE VI
ROBERT
Ouoi? La Herche ne le sait pas encore? Ça ne peut pas durer, dépèchez-vous d'aller le lui dire.
CLOTILDE
Viens-tu, Hortense? Laissons-le, il est furieux.
ROBERT, se retournant.
« Viens-tu?... » Ah çà! vous vous tutoyez, à présent ?
CLOTILDE
Oui, mon cher, nous nous tutoyons depuis qu'elle m'a fait cette confidence. Est-ce que ça vous gêne?
ROBERT, les prenant chacune jur la main.
Mes amies, mes amies, vous êtes de délicieuses petites femmes, qui avez reçu une excellente éducation... Je ne veux pas vous faire de reproches... hélas! je n'en ai pas le droit, mais rentrez une seconde en vous-même, je vous en supplie... Réfléchissez... Est-ce que vous ne trouveriez pas plus naturel que nous causions de ces choses-là ailleurs que chez moi?
CLOTILDE
Personne ne nous écoute.
Ma femme, qui est votre belle-sœur, Clotilde, est en bas, dans le jardin. Ma fille est en haut, en train de prendre sa leçon... Est-ce que cette idée ne vous frappe pas un peu ?
CLOTILDE
Je cherche le rapport, je le cherche.
IIORTEXSE.
Ah! ma chère, je vois ce qu'il veut, je le vois bien maintenant!... Ma présence ici, près de sa femme, près de sa fille, le choque... le froisse!... Il ne fait pas de différence entre moi et la première maîtresse venue... Ah ! je suis très malheureuse ! Moi qui ne cherche qu'à être agréable à tout le monde !
CLOTILDE
Voyez dans quel état elle est. Vous n'avez pas honte ?
R< iliKRT.
Mais...
HORTENSE
Il ne m'aime plus, voilà la vérité... Mais ditesle au moins, ayez le courage de le dire?
ROBERT, <i part.
11 n'y a rien à faire... C'est le gâchis, je n'en sortirai pas... C'est l'insoluble, je suis dans l'insoluble. Allant à iioriense.) Ne vous énervez pas comme ça. Je ne vous demande rien, qu'un peu plus de prudence...
HOHTENSE.
Vous ne m'aimez plus!...
CLdTILDi;.
Sacrifiez donc tout à un homme !
HORTENSE
Ah! vous êtes cruel, Robert!
CLOTILDE
Votre conduite est indigne !
ROBERT, Hllunl i Uortense.
Mon Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu ! voilà que je