‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 240 sur 269 · SCENE XIII ROBERT, AMELIE, pais CLOTILDE · texte numérisé non relu

SCENE XIII ROBERT, AMELIE, pais CLOTILDE

AMÉLIE, à Robert.

Il y a quelque chose entre Hortense et toi... C'est certain ! certain! Dis-le-moi... Tu peux me le dire... .le suis prête. Je viens de m'y préparer, là... tiens, en mettant mon chapeau... Nous ne pouvons plus éviter une explication à ce sujet, maintenant; il faudra bien l'avoir un jour ou l'autre, n'est-ce pas? Alors, pourquoi pas tout de suite?

ROBERT

Tu as raison. Je vais te dire... Ecoute-moi bien. Ce n'est pas la peine d'aller chez Hortense. Tu vas voir comme c'est simple... Assieds-toi... assieds-toi et écoute-moi... Hortense s'est trouvée un jour, du temps qu'elle était modiste, dans une situation financière très embarrassée... Il y a un peu plus d'un mois. Elle était même sur le point de faire faillite. Elle a eu recours à moi et m'a demandé de lui prêter de l'argent. Pouvais-je refuser? Non! Je le lui ai donc prêté. Elle m'a affirmé que je lui sauvais la vie et l'honneur, elle s'est jetée à mon cou... elle m'a embrassé... J'ai été ému... et cela a créé entre nous une situation particulière... Une espèce d'intimité... Tu comprends?

AMÉLIE

Non, pas tout à fait... Enfin, qu'y a-t-il eu entre vous exactement? Dis-le-moi... Est-ce que, tôt ou tard, je n'arriverai pas à la connaître, la vérité? Mais je vais peut-être la savoir dans un quart

d'heure... Et n'es-tu pas sûr d'avance d'être pardonné, quoi que tu aies fait? Alors, j'aime autant te pardonner tout de suite... Va, dépêche-toi... Es-tu son amant, oui ou non?

ROBERT

Non... C'est fini... Je te jure que c'est fini!

AMÉLIE

Alors, tu l'as été?

ROBERT

Mais je ne le suis plus. C'est l'important, comprends donc, c'est l'important... Le reste n'est qu'un détail... Mais oui...

AMÉLIE

Je...

ROBERT

Ne dis pas ça, ce n'est pas juste. Car la franchise avec laquelle je te fais cette révélation t'indique bien mon repentir, ma sincérité, et doit te convaincre qu'une histoire pareille ne peut plus se renouveler, et tout est là... Ah ! ma chérie, tu ne t'imagines pas la période d'inquiétudes de toutes sortes, d'agitation que je viens de traverser, à la pensée du gros chagrin que tu aurais, que tu aurais eu certainement si tu avais appris ça par un autre que par moi. Et, à présent, au contraire, il me semble que c'est un épisode de ma vie de garçon que je viens de te raconter, tellement c'est loin, c'est loin!... N'est-ce pas que ça te fait aussi cet effet-là?

AMÉLIE

Moins qu'à toi,

Vois-tu, ce qu'il faudrait, maintenant, ce serait de ne plus en parler, jamais,. jamais, jamais! Tu

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