SCÈNE II ROBERT, seul, puis ADRIENNE
ROBEHT, allant à la porte de droite et parlant.
Que faites- vous?
ADRIENNE, entrant.
J'essayais de fermer une valise et je n'y arrive
pas.
ROBERT
Vous avez le temps.
ADRIENNE
Tout juste.
ROBERT
Je vous assure que vous avez le temps.
ADRIENNE
Etes-vous déjà sorti ce matin?
Oui, un instant... (il la prend par la main.) Venez
(Il la conduit au canapé et s'assied à côté d'elle.) ADRIENNE, le regarde en souriant.
Alors?
ROBERT
Alors, quoi?
ADRIENNE
Vous penserez quelquefois à moi?
ROBERT
Très souvent... (La regardant.) Vous n'êtes pas triste du tout, comme c'est curieux !
ADRIENNE
C'est vrai, je n'éprouve aucune tristesse. Et pourtant je vais me séparer de vous pour longtemps peut-être. C'est que, voyez-vous, les femmes comme moi, qui se débattent dans la vie depuis leur extrême jeunesse, ont, devant les événements nécessaires, une résignation simple et immédiate.
ROBERT
Je comprends, je comprends... Vous ne m'ai-