‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 41 sur 269 · LAL'RE · texte numérisé non relu

LAL'RE

Sous prétexte qu'il est son père.

CHARTÎER.

C'est ce que tu aurais voulu, n'est-ce pas?... Mais oui... je te vois venir... je la vois, ton idée!...

LAURE

Et qu'est-ce que tu lui trouves de monstrueux?

CHARTIER. lui prenant les mains.

Ma bonne Laure, ma chère sœur, tu es le dévouement, la sagesse, la bonté mêmes, mais il y a un sentiment que tu n'as à aucun degré, c'est celui de la vie, de la réalité, de ce qui est possible et de ce qui ne l'est pas. Parbleu! oui, si tous les gens étaient comme toi, les choses seraient très faciles à arranger, car il ne se passerait rien et la terre deviendrait vite inhabitable. Je ne suis pas un méchant homme, n'est-ce pas? Eh bien! je te dis qu'étant donnée n'importe quelle situation dans la vie, il n'y a pas de solution absolue, il n'y a que des solutions moyennes .. tu entends? moyennes... qui ne satisfont entièrement ni la raison, ni le cœur, et dont on est obligé pourtant de se contenter, à moins d'aller vivre dans un monde peuplé d'êtres aussi délicieux que toi, mais qui nous est inconnu dans l'état actuel de la science. Lucien prendra donc un parti qui ne sera ni tout à fait bon, ni tout à fait mauvais, car il a son caractère, et ce n'est qu'un homme.

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