ACTE II. SCÈNE XVIII
te demande quelque chose d'humain et de généreux. (Jue tu n'hésites pas entre nous deux, je le comprendrais s'il s'agissait d'un caprice de ma part, d'un voyage, d'un bijou; alors, je serais la première à revenir et à céder. iMais je te préviens que cette fois-ci je ne céderai pas à l'orgueil et à la tyrannie de ton père, à ses façons ironiques et méprisantes de me parler... Prends garde, Lucien, de devenir sec et glacé comme lui !...
LUCIEN, ;trec force.
Mon père est le plus honnête homme de la terre !
HÉLÈNE
Il ne suffit pas d'être honnête, il faut aussi être bon ! Comment? c'est toi, toi, qui repousses ta fille, et c'est moi, moi. la rivale et l'étrangère, qui te supplie de l'accueillir, cette enfant que je serais pourtant bien excusable de ne pas aimer! Lucien ! Lucien ! Si tu es encore capable d'un élan du cœur, d'un geste de courage et d'énergie, lu vas prendre ta fille par la main et tu la ramèneras chez toi !
LUCIEN
Ma fille! (Allant à Hélène, violemment.: Est-ce que
je sais seulement si c'est ma fille !
HÉLÈNE
Tiens ! c'est la plus lâche raison que tu m'aies encore donnée. Juge par là de ta conduite et de ton cœur ! Voilà ce que la faiblesse, la peur de la vie, la peur de ton père, la peur de tout, ont fait d'un brave homme comme toi ! Eh bien ! moi, je ne sais pas si c'est ta fille, mais c'est la mienne !
(Elle le quille.)
[22 NOTHE JEUNESSE