SC EXE VI ROSE, GEORGES
ROSE, murmurant.
Vous !
(Elle puasse légèrement le papier sur In lahle.) GEORGES, allant à elle.
Je sais qu'Hélion sort d'ici. Ne me répondez pas... Ecoutez-moi. Je ne veux pas que vous soyez à cet être-là ! Je ne le veux pas ! Vous en souffririez un jour; moi, j'en souffrirai toute ma vie ! (S'approchant.j Vous, la maîtresse d'un homme
riche, qui ne vous garderait que par vanité?... Jamais vous ne serez cela, jamais !
ROSE
Laissez-moi !
GEORGES
Vous êtes née pour être la compagne et l'amie d'un garçon comme moi, qui vous aime profondément. Oui, Rosine, je vous aime profondément. Loin de vous, je perds mon courage et ma volonté, je n'ai plus ni ambition, ni ardeur, je suis écœuré de tout, furieux !... Mais si vous étiez à moi, si j'avais à vous conserver et à vous défendre, je serais sûr de l'avenir, je ne craindrais plus rien du mauvais sort, ni de ma faiblesse. (Baissant la voix.) Allons-nous-en ! Quittons ce pays qui vous est odieux. Un de mes amis m'offre de m'emmener à Paris avec lui. J'ai la certitude d'y gagner ma vie et la vôtre, et je sens que nous aurons de la chance, tous les deux. Dites, Rosine, voulez-vous risquer nos deux existences dans
Cette aventure? (Rose le regarde sans répondre.) Est-ce
parce que je n'ai pas d'argent que vous ne voulez pas me suivre ?
ROSE
Moi, l'argent!... Ah! tenez, j'en ai le dégoût, j'en ai la honte ! , Lui tendant la main. Emmenez-moi !
GEORGES, la prenant dans ses bras.
Je t'ai enlin... enfin !
Oui, oui, partons !
GEORGES
Moi, Rosine, il me semble que ma vie commence aujourd'hui. Je n'ai plus ni dégoût, ni peur de rien !... Si nous emportions Louison ?