‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 169 sur 261 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

de te rencontrer. Je me disais : « Pourvu qu'il ne soit pas encore à son bureau. »

ADOLPHE

Je suis en congé.

LÉONTINE

Et vous aussi, Plantin, je suis contente de vous voir. J'ai lu dans les journaux que vous aviez été renommé député, ça m'a fait plaisir.

PLANTIN

.Merci.

ADOLPHE

Tu as à me parler, Léontine ?

LÉONTINE

J'ai des tas d'histoires à te raconter. .1 Plantin

qui fait mine de s'en aller. , Mais non, mais non, VOUS

ne me gênez pas, vous êtes notre ami.

AD( >LPHE, à Plantin.

Reste donc, je t'en prie... insistant. Je t'en prie.

LÉONTINE, regardant autour d'elle.

Je ne connaissais pas ton nouvel appartement... Tiens! tu as acheté un piano?

AD( »LPHE.

Cinquante francs par mois.

LÉ< ►NTINE.

Ce n'est pas cher. Ah ! tu as fait recouvrir les meubles. Ils en avaient bien besoin. Et puis tu as une nouvelle pendule... (Riant.) Tu as donc fait un héritage?

AI m >L1'IIK. vivement.

Mais non, mais non... au contraire.

LÉONTINE

Enlin ! tes affaires vont bien, c'est l'essentiel...

Lui prenant les deux mains.) Je ne Voudrais pas que

-7 i LES MARIS DE LÉONTINE

tu fusses malheureux... Ça me ferait beaucoup de peine, tu sais, Adolphe.

ADOLPHE

Je ne suis pas malheureux, mais je suis gêné, très gêné...

Gêné de quoi?

ADOLPHE

D'argent. Demande à Plantin. C'est lui qui m'a prêté de quoi payer ton billet...

LÉONTINE

Quel billet?

ADOLPHE

Celui que j'ai signé pour toi.

LÉONTINE

Ah ! oui, je me rappelle.

AI)( ILPHE.

L'échéance venait aujourd'hui. J'ai été obligé de le payer.

LÉONTINE

Tu as bien fait. Ça vaut toujours mieux.

ADOLPHE

Deux mille francs que je dois à Plantin !

LÉONTINE

Soyez tranquille, mon petit Plantin, il vous les rendra.

PLANTIN

Oh!

Mais tu vois dans quelle gêne je suis.

LÉONTINE

N'aie pas peur, mon coco. Je ne viens pas t'emprunter de l'argent.

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