SCENE IX ADOLPHE, LÉONTINE
LÉONTINE, tout en jouant.
Je n'ai pas de chance, décidément.
ADOLPHE
Mais si... seulement tu n'es pas raisonnable et tu ne sais pas arranger ta vie.
LÉONTINE
Tu crois ?
ADOLPHE
Tu aurais besoin de bons conseils.
LÉONTINE
Donne-m'en.
ADOLPHE
Je t'en ai déjà donné... Je n'en ai plus.
LÉONTINE
Moi qui me faisais une fête de venir chez toi, pendant quelques jours, me reposer ! Je viens d'être embêtée, d'avoir des ennuis de toutes sortes, des huissiers : ce n'est pas gai pour une femme. Je me disais : « 11 est seul, en garçon, il ne reçoit personne, — car tu ne reçois personne? — En quoi est-ce que je le gênerais?... Au fond, malgré tout, il a un peu d'amitié pour moi, on est resté camarades. » Je m'étais trompée, voilà tout.
ADOLPHE, ému.
Je t'ai expliqué.
LÉONTINE
C'est bien. N'en parlons plus.
ADOLPHE, à part.
Non ! non, ce serait une galle un peu trop forte,
Cette fois-ci. (Léontine s'appuie tout à coup sur le piano et se met à sangloter.) Qu'est-ce que tu as ?
LÉONTINE
Rien... mais rien.
Ain ILPHE.
Pourquoi pleures-tu?
LÉONTINE
Ne t'en occupe pas.
ADOLPHE
Voyons, ne te mets pas dans des états pareils.