ACTE i. SCÈNE XVII
VIRGINIE
J'y vais, monsieur. J'y vais.
Elle sort par la droite.
ADOLPHE, à Plantin.
Plantin, veux-tu me prêter?...
PLANTIN, donnant ries billets à Adolphe.
Prends.
Al h >LPHE, prenant des billets et les donnant à Léonline.
Tiens, Léontine !
LÉONTINE, embrassant Adolphe.
Merci, mon chéri, merci.
ADOLPHE
Auras-tu assez?
PLANTIN, retirant son portefeuille.
Oui.
LÉONTINE
Bien assez. Et puis j'économiserai.
ADOLPHE
Oui. Sois raisonnable. Tu peux encore, en étant raisonnable, mener une existence très heureuse, surtout avec le caractère un peu... insouciant que tu as.
LÉ< >NTINE.
Mon Dieu ! En aurai-je fait des bêtises !
ADOLPHE
C'est vrai. Mais tu as des excuses, tu as môme plus d'excuses que tu ne crois. Maintenant, Léontine, nous allons nous séparer et il est très probable que nous ne nous reverrons pas avant longtemps.
LÉONTINE, émue.
Ça me fait beaucoup de peine, tu sais, mon coco.
1 ES MARIS DE l-EONTIXE
ADOLPHE
A moi aussi. Mais que veux-tu? Tu as tes occupations. J'ai les miennes. Elles sont trop différentes pour que nous nous rencontrions souvent. Pense à l'avenir, ma petite Léontine. Distoi que tu ne seras pas toujours jeune et jolie comme aujourd'hui, et prends l'habitude de rélléchir à ce que tu fais.
LÉONTINE
Ce qu'il me faudrait, vois-tu, ce serait de trouver encore un garçon comme toi, un bon garçon comme toi, avec qui je me remarierais.
ADOLPHE
Tout arrive.
Revient Virginie avec une valise entrouverte. ) VIRGINIE.
Si monsieur veut vérifier.
ADOLPHE
Voyons... (Il regarde.) C'est bien. Ah! Virginie, pendant mon absence, vous vous tiendrez à la disposition de madame.
VIRGINIE
Comment, madame ne part pas avec monsieur?
Pas d'observations, n'est-ce pas? Oui, madame reste ici, et je vous prie de lui obéir. D'ailleurs, je vous écrirai.
LÉONTINE
Ne faites donc pas les gros yeux, Virginie. Nous nous entendrons très bien, toutes les deux.
VIRGINIE
Puisque monsieur l'exige.
(Elle sort.)