‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 213 sur 261 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

entrée, à l'oreille de votre ami : « A toutàl'heure, mon amour. »

LE BARON

Elle a dit: « A tout à l'heure? »

LA MARQUISE

Mon amour !

LE BARON

Eh! parbleu, elle va revenir chez lui, quand elle me croira parti. Mais je les pincerai, et je rouerai de coups le professeur ! Quant à elle...

Qu'en ferez-vous?

LE BARON

Je divorcerai. Que voulez-vous que je fasse?... Et encore, c'est bon à dire, je divorcerai. Il me faudrait des preuves, des preuves légales, s'entend.

LA MARQUISE

Je me suis laissé conter que le commissaire de police, sur la demande du mari...

LE BARON

C'est beaucoup plus compliqué que vous ne croyez. Quand retrouverai-je l'occasion de les pincer?

LA MARQUISE

Pourquoi pas aujourd'hui?

LE BARON

Mais, ma tante, il ne suffit pas d'aller dire à un commissaire de police : « Ma femme me trompe, venez constater le flagrant délit... » pour qu'il se dérange.

LA MARQUISE

Que faut-il de plus ?

LE BARON

Il faut un ordre du parquet, une enquête.

Vous badinez?

LE BARON

Pas du tout.

LA MARQUISE

Ces formalités sont peut-être nécessaires pour le commun des mortels. Mais avec vos relations et les miennes, il serait plaisant...

LE BARON

Au fait, le substitut est de nos amis.

LA MARQUISE

C'est même un de nos cousins au quatrième degré.

LE BARON

Il suffirait peut-être qu'il envoyât immédiatement un ordre au commissaire de police.

LA MARQUISE

Il sera enchanté, croyez-le bien. — C'est toujours Petitbon, le commissaire de police?

LE BARON

Toujours.

LA MARQUISE

Il se fera, lui aussi, un véritable plaisir...

LE BARON

Enfin ! On peut toujours essayer... il s'essuie le front.) Elle a bien dit : « Mon amour ? »

« A tout à l'heure, mon amour ! »

LE BARON

Allons! Allons! il n'y a plus à hésiter. (Use

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