ACTE II, SCÈNE XII
faites là!... Votre mari était ici, il y a un quart d'heure !
LÉONTINE
J'ai pensé, puisque tu ouvrais... la fenêtre...
ANATOLE
Mais ce n'est pas moi qui l'ai ouverte la fenêtre !...
LÉONTINE
Qui est-ce?
C'est le hasard.
LÉONTINE
Ça prouve que le hasard veut que je passe l'après-midi avec toi.
ANATOLE
Fermons les portes au moins !
(Il va à droite et à gauche et ferme soigneusement les deux portes.)
LEONTINE. lui prenant la figure entre ses deux mains.
Il n'est pas content, ce petit chéri ?
ANATOLE
Evidemment, je suis content... Je suis très content... Mais j'ai peur pour vous... pour nous.
LÉONTINE
Pour toi, enfin... Veux-tu que je m'en aille?
ANATOLE
Oh!
LÉONTINE, s' approchant, d'une voix 1res câline.
Tu ne veux pas que je m'en aille, dis?
ANATOLE
Non... Non...
LEONTINE. s' asseyant sur ses genoux.
Tu aimes mieux que je reste?
.'H6 LES MAftIS bE LÉONTINE
ANATOLE
Oui... Toutes réflexions faites, j'aime beaucoup mieux.
LÉONTINE, toujours sur si>s genoux.
Tu viens dîner à la maison, demain?
ANATOLE
C'est convenu, il me semble.
LÉONTINE
Qu'est-ce que tu veux pour ton dîner?
ANATOLE
Ça n'a pas d'importance.
LÉONTINE
Si... si... tu es très gourmand. Veux-tu du gibier ?
ANAjTOLE.
Quel gibier?
LÉONTINE
Edouard a tué hier un canard sauvage et deux perdreaux. Ça te va?
ANATOLE
Je crois bien.
Il est très adroit, Edouard?
ANATOLE
Très adroit.. Très bon chasseur.
LÉONTINE
Tu ne chasses jamais, toi?
ANATOLE
Je n'ai pas le temps, et puis je suis myope!
LÉONTINE. riant.
Tu préfères manger le gibier?