SCENE II ADOLPHE, LÉONTINE
LÉONTINE, s'ussuranl que personne ne If* écoule, et vivement.
Nous ne nous sommes pas trouvés seuls depuis l'autre jour et je n'ai pas pu vous remercier de la façon délicate dont vous vous êtes conduit.
ADOLPHE
Je n'ai fait que mon devoir.
LÉONTINE
Non, non, non, vous avez été très gentil. Elle
lui serre encore la main. A présent que je réfléchis, je
m'aperçois que j'en ai eu de la chance de tomber sur de bons garçons comme Edouard et comme
vous. Si j'étais tombée sur des hommes ordinaires, Dieu sait ce qui me serait arrivé ! Tandis qu'aujourd'hui j'aime mon mari et, de ma vie, je ne le tromperai plus.
ADOLPHE
A la bonne heure.
LÉONtlNEi
Car il y a des hommes qu'on méprise quand on les trompe, et, d'autres, au contraire, qu'on estime davantage. Edouard est de ceux-là.
Alx iLl'IIK.
Oui, il gagne à être trompé. En somme, vous voilà heureuse?
LÉONTINE
Très heureuse.
ADOLPHE
J'en suis ravi. Et maintenant, écoutez, Léontine. La fatalité nous a fait nous rencontrer de nouveau au moment où je m'y attendais le moins. Il faut prendre une décision énergique.
LÉONTINE
Comment?
ADOLPHE
Notre situation est trop dangereuse, elle ne peut pas se prolonger.
LÉONTINE
Pourquoi dangereuse ?
ADOLPHE
Mais parce que votre mari s'est pris d'amitié pour moi ! Depuis huit jours que je le connais, ilne vient pas une fois à Ghàtellerault sans passer me serrer la main. Ce sont des parties de billard, des invitations à déjeuner qu'il m'est impossible de refuser !...