‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 236 sur 261 · SCENE II ADOLPHE, LÉONTINE · texte numérisé non relu

SCENE II ADOLPHE, LÉONTINE

LÉONTINE, s'ussuranl que personne ne If* écoule, et vivement.

Nous ne nous sommes pas trouvés seuls depuis l'autre jour et je n'ai pas pu vous remercier de la façon délicate dont vous vous êtes conduit.

ADOLPHE

Je n'ai fait que mon devoir.

LÉONTINE

Non, non, non, vous avez été très gentil. Elle

lui serre encore la main. A présent que je réfléchis, je

m'aperçois que j'en ai eu de la chance de tomber sur de bons garçons comme Edouard et comme

vous. Si j'étais tombée sur des hommes ordinaires, Dieu sait ce qui me serait arrivé ! Tandis qu'aujourd'hui j'aime mon mari et, de ma vie, je ne le tromperai plus.

ADOLPHE

A la bonne heure.

LÉONtlNEi

Car il y a des hommes qu'on méprise quand on les trompe, et, d'autres, au contraire, qu'on estime davantage. Edouard est de ceux-là.

Alx iLl'IIK.

Oui, il gagne à être trompé. En somme, vous voilà heureuse?

LÉONTINE

Très heureuse.

ADOLPHE

J'en suis ravi. Et maintenant, écoutez, Léontine. La fatalité nous a fait nous rencontrer de nouveau au moment où je m'y attendais le moins. Il faut prendre une décision énergique.

LÉONTINE

Comment?

ADOLPHE

Notre situation est trop dangereuse, elle ne peut pas se prolonger.

LÉONTINE

Pourquoi dangereuse ?

ADOLPHE

Mais parce que votre mari s'est pris d'amitié pour moi ! Depuis huit jours que je le connais, ilne vient pas une fois à Ghàtellerault sans passer me serrer la main. Ce sont des parties de billard, des invitations à déjeuner qu'il m'est impossible de refuser !...

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