ACTE ni, SCÈNE XII i
LEONTINE.
Je ne savais pas du tout ce qu'Adolphe était devenu. Quand je l'ai retrouvé, j'ai été étonnée, je te prie de le croire.
ADOLPHE
Et moi donc !
LÉONTINE
A quoi bon te le dire? A quoi bon t'inquiéter? Je ne pouvais pas prévoir ce qui allait arriver. Je pensais qu'Adolphe et toi, vous ne vous reverriez jamais. xVlors, je ne t'ai rien dit. Voilà !
ADOLPHE
Voilà!
LE BARON
Léontine ! Léontine ! Je ne pourrai donc jamais avoir confiance en vous !
LÉONTINE
Mais si, mon chéri, il faut avoir confiance!
Ayez confiance, monsieur le baron, tout esl là.
LE BARON. .•( Adolphe.
Ah ! C'est vous qui êtes le premier mari ?
ADOLPHE
Mais oui.
LE BARON
Alors, c'est vous qui battiez cette malheureuse femme ?
ADOLPHE
Moi!
LE BARON
C'est vous qui rentriez gris tous les soirs?
ADOLPHE
Moi!
LE BARON
C'est vous que le tribunal, en prononçant le divorce, a justement flétri!
ADOLPHE
Moi !
Le baron s'avance menaçant.
LÉONTINE
Lui? Mais non, mon chéri, tu n'y es pas du tout. C'est le meilleur garçon de la terre.
Je sais ce que j'ai lu.
LÉONTINE
Tu as lu ça dans le jugement. Mais les jugements, c'est toujours des blagues. Adolphe me battre! Adolphe rentrer gris tous les soirs! Mais il n'y a pas un mot de vrai, mon coco, pas un. C'est moi qui ai eu tous les torts, c'est moi qui lui ai fait toutes sortes de misères. Mais il voulait que le divorce fût prononcé en ma faveur, parce
que c'est Un bon garçon. (Allant h Adolphe et lui saa-
ani au cou.) Tu es gentil, va!
LE BARON
Léontine!
LÉONTINE, an baron.
Je vais pouvoir le tutoyer maintenant, puisque nous serons cousins.
LE BARON
Jamais!
LÉONTINE
.tous serons cousins, je le veux!... Au haron.) Et toi, viens ici !
LE BARON
Hein !
LÉONTINE
Viens ici, plus près, et serrez-vous la main tous les deux, ça me fera plaisir.