ACTE !. SCENE II
BRIGNOL.
N'aie donc pas peur. J'ai deux ou trois affaires en train qui vont aboutir infailliblement.
MADAME BRIGN< >L.
Rappelle-toi qu'à l'autre terme, tu comptais beaucoup aussi sur deux ou trois affaires, et qu'en définitive nous n'avons pas pu le payer.
BRIGNOL.
Ça n'a aucun rapport. Ne te tracasse pas... C'est comme si nous avions l'argent.
MADAME BRIGNOL, après sute pause.
Ils viennent d'arriver.
BRIGNOL, distrait.
Qui donc?
MADAME BRIGN< >L.
.Mais, mon frère et sa femme. Ils sont là, ils vont venir t'embrasser... Vous ne vous ferez de reproches, ni les uns ni les autres; c'est convenu, et ce sera absolument comme s'il ne s'était rien passé. Cette brouille, qui dure depuis des années, nous est fort pénible, à ta fille et à moi.
BRIGN< IL.
Est-ce ma faute? C'est Valpierrequi s'est fâché avec nous, je ne me souviens même plus à propos de quoi.
M VDAME BRIGNOL.
Oh :
BRIGNi >L.
Oui, je sais maintenant : pour quelques misérables centaines de francs qu'il m'a prêtées et que je ne lui ai pas rendues exactement.
MADAME BRIGNOL.
Tu ne les lui a même pas rendues du tout.
BRIGNOL.
Entre parents, on ne se brouille pas pour ces bètises-là. S'il m'avait emprunté de l'argent, et s'il ne me l'avait pas rendu, je ne me serais pas brouillé avec lui. Tout cela vient de sa femme qui ne nous aime pas, j'en suis convaincu.
MADAME BRIGNOL.
C'est qu'aussi tu t'es conduit avec eux d'une façon ! . . .
BRIGNOL.
D'ailleurs, je ne leur en veux pas du tout.
Entrent monsieur et madame Yalpierre.)