SCENE III
MAURICE, BRIGNOL, CÉCILE.
CÉCILE, à Maurice.
Bonjour, monsieur. (Ils se serrent la main.) Nous
acceptons votre loge avec plaisir et je vous remercie. Il y a au moins deux mois que nous ne sommes pas allés au théâtre.
bmgxol.
Deux mois, c'est ma foi, vrai!
// se met ;i son bureau et écrit.
MAURICE, baissant la voix, à Cécile.
Je suis si content de vous être agréable.
CÉCILE
Qu'est-ce qu'on joue?
Elle s'assied.
MAURICE, un silence.
Pourquoi prenez-vous si peu de distractions?
CÉCILE
Mon père est très occupé.
BRIGNOL.
Ah! ah! Dame!
CÉCILE
Il ne peut jamais nous accompagner. Nous menons la vie la plus provinciale du monde.
MAURICE
Vous ne vous ennuyez pas?
CÉCILE
Pas trop. Nous n'allons nulle part, nous ne recevons presque personne, et je ne sais pas comment cela se fait, le temps passe et, véritablement, je ne m'ennuie pas beaucoup.
MAURICE
Moi, c'est le contraire.
Vous vous ennuyez?
MAURICE
Souvent... pour ne pas dire constamment.
CÉCILE
Vous n'avez pourtant pas l'air d'avoir le caractère mal fait.
MAURICE
Mais non... je ne suis pas triste naturellement... Si je m'ennuie, c'est que je fréquente d'habitude des gens fort ennuyeux, voilà tout.
BRIGNOL.
Dites donc, cher ami?
MAURICE
Quoi?
BRIGNOL.
Je vais envoyer chez l'huissier...