ACTE I, SCÈNE l!I
BRIGNOL, s'approchani de Valpierre.
Je reconnais que j'ai eu tort, là! Es-tu satisfait?... Et pour notre petit compte, nous le réglerons prochainement, je te le promets.
MADAME VALPIERRE
Vous n'avez pas eu tort seulement, vous avez eu tous les torts.
BRIGNOL.
Je l'avoue, tous les torts.
MADAME VALPIERRE
Et nous n'en avons eu aucun, c'est essentiel à établir.
BRIGNOL.
Aucun, pas l'ombre. Et maintenant, n'en parlons plus et ne revenons pas sur le passé... Est-ce qu'on se brouille, en famille? On peut cesser de se fréquenter, mais se brouiller définitivement, jamais ! Vous dînez avec nous, n'est-ce pas?
MADAME BRIGNOL.
Oui, oui.
BRIGNOL, à madame Valpierre.
Vous ne vous imaginez pas, mes chers amis, à quel point j'étais contrarié de ne plus vous voir et combien je regrettais ce malentendu.
// /»(' serre la main.
MADAME VALPIEHHE.
Il n'aurait pas eu lieu, si vous n'aviez pas quitté Poitiers dans de pareilles conditions.
BRIGNOL.
J'ai quitté Poitiers très naturellement. Il arrive tous les jours que des gens quittent la province pour s'installer à Paris.
VALPIERRE
Tu n'as pas quitté Poitiers naturellement,
12 imiGNOI. ET SA FILLE
permets-moi de te le rappeler. Tu l'as quitté, criblé de dettes, poursuivi par cinquante créanciers...
MADAME VALPIERRE
...Qui venaient à chaque instant nous relancer jusque chez nous.
BRIGXOL.
11 fallait me les envoyer à Paris : j'ai une adresse.