‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 52 sur 261 · ACTE II, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIII

l'honneur, mademoiselle, dedemander votre main à mon ami Brignol. Personnellement, ma démarche lui agrée et il m'a promis d'être mon interprète auprès de vous.

BRIGXOL. ;, demi-voix.

Tout cela est d'une incorrection...

CARRIARD. sans l'écouter.

Mon seul mérite, mademoiselle Cécile, est d'être l'ami de votre père, dont cette union est un des désirs les plus chers.

BRIGN< >L.

Je vous ai toujours dit, Garriard, que ma ii lie serait libre.

CARRIARD, toiijnin** h Cécile.

Nous avons caressé ce projet depuis longtemps, et nous en causions encore tout à l'heure.

CECILE, regardant son jii-n- et h Carriard.

Monsieur...

BRIGN< >L,

L'embarras de cette enfant est fort naturel, mon cher ami; il vaudrait mieux...

CARRIARD.

.le ne suis pas assez sot pour réclamer de mademoiselle Cécile une réponse immédiate. Je voulais seulement lui dire devant vous, mon cher ami, que vous approuvez ce mariage de toutes vos forces.

BRIGXOL.

Certainement, mon cher ami, certainement...

CARRIARD.

J'espère que vous ne verrez aucun inconvénient à lui répéter (A Brignol.) Parlez, mon cher

KO

l'.nn.Nni ir sa îii.ii

ami. ( Bas, et d'an ton rudp.) 11 s'agit de s'entendre; vous moquez-vous de moi, oui ou non ?

BRIGNOL, lui terrant lu main.

Mon cher ami, vous connaissez mes sentiments à votre égard. Il me reste à consulter ma femme.

CARRIARD.

.le vous prie, mon cher ami, de le faire dans le plus bref'délai .. A Cécile. J'ai le plus profond respect et beaucoup d'attachement pour madame Brignol, mais je me permets, mademoiselle, d'insister sur ce point, que j'ai le consentement formel de monsieur votre père.

BRIGNOL, passant prêt de ta fille, et bas.

Dis n'importe quoi, quelque chose de vague, pour qu'il nous laisse tranquilles. Nous arrangerons cela.

CÉCILE

.Monsieur, je ne voudrais pas qu'il y eût le moindre malentendu entre nous. Je suis très flattée de votre démarche.

BRIGN< »L

Bien.

CÉCILE

Mais je suis incapable d'hypocrisie.

BRIGNOL.

Parfaitement.

CÉCILE

Et je crois que ce mariage ne sera jamais possible.

BRIGNOL.

Eh!

CARRIARD, regardant Brignol et menaçant.

Ah! ah!

ai 1 1: m, S( i'm: xiii 01

Ma fille veut dire, mon cher ami, que peutêtre... actuellement, étant données les circonstances... mais bientôt, j'espère...

CÉCILE

Pardon ! Je répète à monsieur Carriard que je suis très touchée de la démarche qu'il abien voulu faire, mais je ne songe pas à me marier.

CARRIARD.

C'est un relus définitif?

BRIGNOL.

Pas du tout, cher ami.

CARRIARD.

Je m'adresse à mademoiselle.

CÉCILE

Définitif, soit, monsieur. Je ne vous en suis pas moins reconnaissante...

CARRIARD, à Brignol.

Dites donc, vous m'avez joué là une comédie!...

BRIGNI U., même jeu.

Est-ce ma faute?

CARRIARD.

Allons donc, vous êtes un farceur !

BRIGNOL.

Carriard, mon ami, vous vous oubliez.

Pardon, monsieur, je ne puis pas admettre que vous parliez devant moi sur ce ton et je me retire.

CARRIARD.

Je vous assure, mademoiselle, que vous avez

tout intérêt à m'écouter... a Briguai. Mon cher, vous n'êtes pas malin et je m'attendais à ce tourlà. Le jeune Vernot serait un gendre bien supérieur à moi, je n'en disconviens pas, et j'approuve les efforts que vous avez faits pour l'attirer chez vous. Seulement, et c'est sur ce point, mademoiselle, que j'attire votre attention, il faut que vous soyez fou pour croire que monsieur Vernot va épouser la ii lie d'un homme qui a commis visà-vis de son oncle une véritable...

BRIGNOL.

Qu'est-ce que c'est que ces paroles-là ?

CARRIARD.

Le commandant a raconté l'histoire partout. Il va vous traîner devant les tribunaux.

BRIGNOL.

Mes occupations ne me permettent pas d'écouter plus longtemps de pareilles sottises... Cependant, je veux bien vous apprendre, si cela peut vous être agréable, que je ne dois plus rien au commandant.

CARRIARD.

Ce n'est pas vrai.

Ce n'est pas vrai? Je vous trouve superbe!... Voici son reçu.

CARRIARD.

Ah! ah! Eh bien! puisque vous trouvez de l'argent si facilement, vous allez me rendre les sommes que vous me devez, ou nous rirons bien. Vernot vous a prêté de quoi rembourser le commandant, il vous prêtera aussi bien de quoi me rembourser, moi... Mademoiselle, j'ai l'honneur de vous saluer.

(Il sort.

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