ACTE HI, SCÈNE IV
BRIGNOL.
Je ne suis pas encore fixé.
MAURICE, à part.
Que diable s'est-il passé? (Haut.) Permettez-moi de vous dire, mon cher monsieur Brignol, que tout cela me parait bien précipité.
BRIGNOL.
Toutes les résolutions que j'ai prises dans ma vie, je les ai prises comme ça. Avant de partir, je vous ferai un reçu en règle des sommes que vous m'avez prêtées... Eh! mon ami, on ne sait ni qui vit ni qui meurt.
MAURICE
Bah !
BRIGXOL. regardant Maurice.
Et, en attendant, afin de n'être pas gêné dans les démarches que je serai obligé de faire, je vais expédier tout mon monde à la campagne, chez Valpierre.
A Poitiers?
BRIGNOL.
A Poitiers, oui...
MAURICE
Madame Brignol et...
BRIGNOL.
Et ma fille... La campagne leur fera le plus
grand bien... (Embarras de Maurice et silence. Elles
vont partir demain.
MAURICE
Demain !
BRIGNOL.
Matin... avec mon beau-frère... Et vous, mon cher ami, avez-vous des projets pour cet été?
MAURICE, machinalement.
Non... je ne vois pas...
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BRIGNOL.
Le commandant est bien portant?
Je le suppose... Et la petite migraine qui a empêché mademoiselle Cécile d'aller au théâtre hier soir est passée, j'espère?
BRIGNOL.
Absolument, je VOUS remercie. (La bonne entre et remet à Brignol un papier timbré .) Voyons... « Nous,
Perrot, huissier-audiencier, à la requête du sieur Carriard... » Ah ! ah! C'est de Carriard! En vingtquatre heures ! Il n'a pas perdu de temps!... (Haussant les épaules.) Quel imbécile!
MAURICE
Monsieur Carriard vous envoie du papier timbré?
BRIGNOL.
Ça Il'a aucune importance (Maurice met la main à
son portefeuille.) Allons donc, mon ami! Je vous remercie cette fois-ci, mais je n'y consentirai sous aucun prétexte. Il y a des limites à tout, mon ami, à tout... J'arrangerai cela moi-même...
LE COMMANDANT, entrant.
Mon cher Brignol!...
BRIGNOL.
Mon cher commandant.
LE COMMANDANT, ;) Maurice.
J'ai besoin de te parler, je viens de chez toi.
MAURICE
Je suis à VOUS, mon Oncle (Prenant son chapeau.)