ACTE I, SCÈNE III
VALPIERRE, se levant.
Je n'exagère rien.
MADAME BRIGXOL.
Il est convenu qu'on oubliera.
VALPIERRE
Je ne demande pas mieux, et c'est, en effet, mon intention. Je tenais simplement à rappeler à ton mari que si nous avons été désunis si longtemps, c'est qu'il y avait des raisons. Je ne suis pas de ces gens nerveux et légers qui se fâchent pour une parole en l'air, et il a fallu que Brignol passât véritablement toutes les bornes pour que nous en arrivions à ces extrémités.
BRIGNOL.
Bien.
VALPIERRE
Lorsque, après quelques mois de mariage, tu aventurais résolument la dot de ta femme dans une opération ridicule, et que tu la perdais jusqu'au dernier sou, j'ai fait ce que j'ai pu pour vous tirer d'embarras.
BRIGN1 »I.
C'est exact.
VALPIERRE
Remarque aussi que je ne m'étais pas opposé à cette union avec ma sœur, union parfaitement absurde, puisque tu étais sans fortune. Tu n'as donc rien à me reprocher.
MADAME VALPIERRE
Si vous aviez suivi seulement les conseils que je vous donnais pour l'éducation de votre fille?... Vous avez eu le tort grave de ne pas diriger Cécile du coté de l'enseignement ; je le disais tout à l'heure à votre femme. C'est une grande ressource pour les jeunes filles qui n'ont pas de fortune. Au
I i BWGNOL ET SA FILLE
contraire, vous l'avez laissée s'élever à l'aventure. Aujourd'hui, Cécile a près de vingt ans et elle ne pourrait même pas être institutrice.