I.\ BAUDIÈRE
Kli hieii ! mon imn ami, c'e? qui vous
trompe. Non seulemi ntje oe suis pas malheur- \\ s . mais je suis très heureux* Le laractère de madame de La Baudière, qui m'horripilait, en effet, dans les commencements de notre mariage, m'esl devenu très lympathique, parce que je me mis ;i l'envisager avec philosophie. Ma femme est
LA CHATELAINE
convaincue qu'elle a une volonté de fer et c'est vrai, elle a une volonté de fer. Seulement, quand on sait s'y prendre, on arrive à lui faire faire le contraire de ce qu'elle a décidé et comme elle y apporte la même volonté de fer et la même énergie, elle ne s'aperçoit pas qu'elle a changé d'opinion. Je me suis amusé souvent à ce petit jeu-là. C'est une de mes plus grandes distractions : on en a si peu en province !... Ne vous découragez donc pas.
DE MÉRAY, lui serrant ta main.
Je m'en rapporte à vous entièrement. Et j'ai confiance en vous, et aussi en Lucienne, qui m'aime, j'en suis sûr.
N'insistez pas et laissez-moi faire. Nous y mettrons le temps qu'il faudra, mais j'ai comme un pressentiment que ça ne sera pas long.
DE MÉRAY
Merci alors ! merci et au revoir.
LA BAUDIÈRE.
Au revoir, mon ami.
(Il le reconduit h droite. Dès qu'il est sorti, entre madame de La Baudière, h gauche.)