SCENE IV MARI \.\NK, MADAME BRÉAUTIN
M LDAME BRÉAUTIN.
Enfin, chère amie, nous pouvons un peu causer. Si \. /-vous que le livre <1<' Darlay est une œuvre des plu- remarquables?... .le l'ai lu hier d'une traite! Cela est très fort... C'est un de ces livres qui conduisent ;i L'Académie... dans un temps plus ou moins long. Vous devez être bien heureuse.
M tRIANNE.
Très heureux-.
MADAME BRÉAUTIN
Et, j<' l'avoue à ma honte, j'ai été stupéfaite en !♦■ lisant.
"2T>0 l'adversaire
MARIANNE
Oui, on croit généralement Maurice assez paresseux.
MADAME BRÉAUTIN.
C'est qu'il en al'air!... Et ce quej'admire enlui, justement, c'est cette puissance de travail unie à cette désinvolture... Car il y a là dedans un travail ('norme... Hein! vous rappelez-vous nos causeries d'autrefois? quand nous étions navrées toutes les deux, de voir, avec tout son talent, votre mari manquer d'ambition? Mais il en avait le mâtin!... Et la vôtre doit être satisfaite! Vous avez un mari de cette valeur-là, gardez-le bien!
MARIANNE, souriant.
Je ne songe qu'à ça.
MADAME BRÉAUTIN.
Comme on se trompe, pourtant... Avec intention. On m'aurait demandé hier encore: «De Darlay ou de Langlade, qui est le mieux doué? Quel est celui des deux dont l'avenir sera le plus brillant? » J'aurais carrément répondu : « C'est Langlade ! » Ah! ah! quelle erreur! Langlade, ma chère, a eu de la chance, voilà tout. Je me suis trop emballée sur ce garçon-là.
MARIANNE
Vous m'en avez dit souvent beaucoup de bien...
MADAME BRÉAUTIN.
Je ne le nie pas... Mais j'en suis revenue... C'est un homme tout à fait superficiel...
MARI \\\K. négligemment
Ah!
M \ I » \M i BRÉAUTIN.
Un peu naïf même et légèrement fat... pour oe pas dire compromettant... n'est-ce pas ?
I ni . -■ i' \i. \ M tRIANNE
Je ae sais pas du tout.
M tDAME BRÉA1 n\
îiduitéa a votre égard étaient des plus maladroites...
M \i;i \wi
A mon égard .... .If n'avais pas remarqué.