MM A
J'ai été ridicule, naturellement] Et ce sera toujours la même chose quand je me trouverai au milieu de ces gens-là !...
PU GOIfi
Tu n'as pas été ridicule «lu (ont. n'est-ce pas, Lebrasier ?
LEBRASIER.
Mais |>;i- «In tout.
l'Il ',' 16 Ce* dames savent parfaitement que tu n'as pas
:*8 MONSIEUR |mi':(,ois
encore l'usage de leur monde et certaines manières que tu finiras par acquérir.
EMMA
Mais non, je ne les acquerrai jamais. Il faut avoir été élevé là dedans! Toi, parbleu ! ça t'est égal que j'aie l'air gourde. Tu es à ton aise, tu sais parler, tu es instruit, tu as le beau rôle... Tiens ! jamais la distance qu'il y a entre nous deux ne m'a paru aussi grande que depuis que je dois être ta femme. Et si tu crois que je m'exposerai a ça encore une fois et que j'irai à ce dîner!
PIKGOIS.
Ce serait absurde de ne pas y aller.
EMMA
Jamais de la vie, par exemple ! Je serais fraîche avec les deux jeunes filles... Je crois qu'elles s'en payeraient un peu, ces deux gosses, hein, Lebrasier? et comme je les comprendrais, d'ailleurs!
Voyons, est-ce que madame Jantel et madame Audry n'ont pas été très cordiales avec toi, et très bonnes filles ?
EMMA
Très bonnes filles, mais pas de la même façon que moi. Il y a des nuances, et des coups d'œil... des coups d'œil surtout...
PIKGOIS.
Qu'est-ce que <;a veut dire?
EMMA
Ça veut dire que tu aimes encore cette femme et que tu m'épouses de rage, parce qu'elle ne veut pas de toi. Et tu ne m'as présentée à elle que pour la narguer et pour la rendre jalouse !
iii G< ijl
Tu te trompes al tu es Injuste, car ce n'es! pas moi qui ;<i eu l'idée de vous présenter. C'est elle,., oui, c'eat ••II»- <|ui a désiré ta connaître... al moi, je m \ suis d'abord opposé de toutes mes forces..
I MM \
Tu l'as (lune \ m- • Quand l'as-tu vue '
PU (,i »is
Mais... un peu avant que tu n'entres.
I MM \
Tu as causé seul avec *ille ?
PII ■ ;« us
Quelques instants.
I MM
Mors, c'est encore plus triste pour moi, car si elle a voulu me connaître, c'est qu'aujourd'hui elle t'aime... El comme tu l'aimes aussi, et qu'elle est libre, aucune puissance humaine ne vous empêchera de vous réunir, et surtout pas moi, pauvre
fille!...
PU <,< us
Madame Amlry cl moi ne serons jamais que des amis ou des camarades. Grois-le, ou ne le crois pas, «a m'esl égal! Pais toutes les supposa tions que tu voudras, je n'y puis rien...
I MM
Des ami- «»ii des camarades, vous deux '. Tu me crois donc bien naïve!... Entre vous deux, veu*-tu que je te dise? il n'y ;< plus qu'un obstacle, c'est moi! Tu m- t en rends peu! être pas compte t<>imôme, mais lu ne m'épousais que pour le faire aimer de cette femme... Puisque es j es! maintenant, tu n'as plu- besoin de m<>i...
40 MONSIEUR PIÉGOIS
PIEGOIS.
Arrêtons-nous, veux-tu? Nous finirions par nous dire des choses blessantes... J'ai deux ou trois personnes à voir. Attends-moi ici, je te retrouve.
// sort.)