‹ Théâtre completChapitre 83 sur 226 · LIMER \Y · texte numérisé non relu

LIMER \Y

Je vais aller droit au but, comme <•><! mon habitude... Voulez-vous vous charger de mes intérêts?...

MAURICE

De votre défense?

LIMERAY.

De ma défense.

MAURICE

.1." vous répondrai avec la même netteté : ça m'est tout à tait impossible.

LIMERAY.

Vous refusez?

MAURICE

Oui... Mais ne voyez là dedans rien qui vous soit personnel. D'abord, j'ai un gros travail en train et je ne compte pas reparaître au barreau d'ici à longtemps peut-être... Ensuite, et c'est ma meilleure raison, je ne suis pas assez ferré sur les questions financières...

LIMERAY.

Mais tant mieux!... Mon procès n'est pas un procès financier, c'est un procès politique. Je ne connais pas vos opinions politiques...

Moi, non plus.

LIMERAY.

Partait, nom d'un chien!... Nous avons les mêmes! Vous êtes mon homme... Dans mon allaire, savez-vou- ce qu'il faut? De la bonne humour et, par-ci par-là, de l'émotion, pas autre chose '.... I >r, vous avez ces deux qualités au dernier point. Je vous ai entendu plaider — pour

I AKVEnSAII'.K

ce monsieur qui avait tiré des coups de revolver sur sa femme, Chantraine — et j'ai toujours pensé : « Si jamais c'est mon tour, je m'adresserai à lui... » Parce que, sous aucun prétexte, je ne veux de ce qu'on appelle un avocat d'affaires qui assommera les jurés avec des chiffres, ou d'un avocat politique, comme Plantin, qui ne s'occupera pas de moi, mais du ministère.

MAL'J'JCE.

Dame! vous n'avez guère fe choix,.. Votre affaire est assez sérieuse...

LIMERAY.

Mais non, sacrehleu !... et voilà justement... Elle n'est pas sérieuse, mon affaire, elle est bouffonne, comprenez-vous? bouffonne! Comment, depuis quinze ans, je suis le plus grand financier de Paris! j'ai la confiance universelle! tout le monde m'apporte des capitaux! J'ai une situation unique ! Et tout d'un coup, parce qu'il plaît à un monsieur d'interpeller, je deviens un malfaiteur du jour au lendemain! Ce qui était confiance devient abus de confiance ! On force mes actionnaires à déposer des plaintes ! Des gens qui n'y ont jamais pensé! Et tout cela sans que j'aie changé un iota à ma ligne de conduite! Sans que j'aie fait d'autres opérations que celles que j'avais faites jusqu'à présent! Alors, je ne comprends plus?...

MAURICE

Ni moi !

LIMERAY.

Et, décidément, vous refusez toujours de vous charger?.. <

MAURICE

Toujours.

Sapristi! \ qui vais-je m'adress 1 - s >uvei bien me donner un conseil?

MAUl

A votre place, moi, dans es conditions-là, je prendrais un débutant... un débutant intellL à qui vous communiqueriei vos idées, vot; - kèm<

LIMERA Y

Vous ave/ cent t'ois raison. En connaiss /un ?...

MAI

Oui.

LDfERAY.

Un de vos amis?

HMRICE

Pas positif meut... Nous le voyons quelquefois.

LUfERAY.

Vou^ en répond-/ ?

MAI

11 e>t trè> intelligent...

LIMERA Y.

Je le prends, nom d'un chien!. . Comment s'appelle-t-il ?

MAURICE

Henry Langlade...

LDfERAY.

Où demeure-t-il?

mai:

21, rue des Suint>-P»XT s

LIMERA Y.

.1.' vais «li-'/ lui à l'instant, .le peux me présenter de votre part?...

176 l'adversaire

MAURICE

Parfaitement... mais vous n'avez pas besoin de recommandation...

Ils se sont levés tous les deux. Marianne, imjiatienlc. est entrée doucement sur ces derniers mots.)

LIMERAY.

Merci, dans tous les cas... mais votre refus me

navre .. 'Mouvement de Marianne.) Madame. . MARIANNE.

Monsieur...

f Sort Limeray.)

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