SCÈNE VII
gens ! Vous vous croyez toujours en campagne et à l'assaut d'une redoute.
LE CHEVALIER
Si c'est un compliment, je vous en remercie; si c'est un reproche, je vous pardonne. Vous savez que je suis le trèshumble serviteur de votre personne et de vos caprices.
MARIANNE
, Pas autant que vous dites, puisque vous êtes ici malgré moi.
Ah ! nous ne sommes pas au bout. J'entends bien encore, et malgré vous, puisque ce cher de Lussan a décider ment échoué, vous dire que je vous aime un peu plus aujourd'hui qu'hier, un peu plus tantôt que ce matin, et vous demander jusqu'à quand vous aurez assez peu de pitié pour me laisser le cœur à l'envers.
MARIANNE
Prenez tout doucement votre cœur et retournez-le à l'endroit; car voyez- vous, chevalier, si d'heure en heure je vous parais plus aimable, d'heure en heure il me prend de furieuses démangeaisons de vous trouver insupportable, et de vous le dire tout à plat.
LE CHEVALIER
Ceci est de la coquetterie, et vous ne m'y prendrez pas.
MARIANNE
C'est de la franchise, et je ne veux point vous y prendre.
LE CHEVALIER
Cœur de rocher !
MARIANNE
Un rocher, c'est cela. Une citadelle, si vous voulez.
LE CHEVALIER
Vous avouez donc ?
MARIANNE
Quoi?
Que vous aimez quelqu'un.
MARIANNE
Expliquez-vous un peu, s'il vous plaît, et daignez mettre vos rébus à la portée de mon intelligence.
LE CHEVALIER
C'est bien clair. Une citadelle ne se défend que si on y a mis garnison. Or, la garnison d'un cœur, c'est un amant.
MARIANNE
Peste du jargon ! Moi qui vous écoutais et qui cherchais à comprendre !