SCÈNE IX Les Mêmes, PAUL
ROSINE
Monsieur Paul de Flagey.
LE CHEVALIER
Parbleu l les oreilles doivent lui tinter, (a Marianne.) Le voilà qui vient en personne vous raconter ses prouesses, et en réclamer la récompense... si toutefois, comme vous l'affirmez, il vous a défendue à crédit.
MARIANNE
Nous parlions de vous, monsieur, et j'ai, pour ma part, des reproches à vous faire sur votre étourderie.
I PAUL
Madame...
MARIANNE
Oui, monsieur, vous avez eu tort de prendre si chaudement ma défense. Je ne sais pas ce que disait monsieur de Guiseuil, mais il disait, j'en suis bien sûre, ce
que mille dans Paris auraient dit comme lui, — car c'est là notre malheur, à nous autres femmes de théâtre, de fournir un thème obligé à toutes les conversations faciles, et de n'avoir à nous, ni un nom dont nous puissions être hères, ni une réputation que nous ayons le droit de défendre.
LE CHEVALIER
La peste du sermon ! Vous parlez comme un livre de messe, ma chère, et il vous manque un petit collet.
PADL.
Recevez mes excuses, madame ; mais vous étiez insultée, et quand c'est le cœur qui s'émeut, on n'est pas toujours maître d'un premier mouvement.
LE CHEVALIER
Vive Dieu! monsieur, vos compliments sont brefs, mais ils portent coup. Quel dommage que ce mot-là ne soit pas en vers!
LE VICOMTE
Une aubaine pour vous, chevalier. Inscrivez-le sur vos tablettes, et faites-le rimer pour un écu. Vous l'improviserez ensuite au petit-lever de n'importe qui.
LE CHEVALIER
Tout beau! mon cher vicomte; il ne m'est pas encore arrivé l'accident d'en improviser de tout imprimés.