‹ Théâtre completChapitre 133 sur 143 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

ROSINE

Non pas ! non pas ! c'est un secret.

LE CHEVALIER

Combien ton secret?

• ROSINE

Il n'est pas à moi, et je ne le vends pas.

Un louis comptant, et deux sur parole?

ROSINE

Ce qui fait vingt-quatre livres en tout.

LE CHEVALIER

Impertinente!

LE VICOMTE, donnant aussi on louis.

Ce qui fait au moins le double, Rosine; mais dépêche.

ROSINE

De fait, il serait trop affreux que madame en arrivât là; et^comme j'imagine que vous ferez tout votre possible pour l'en dissuader...

LE CHEVALIER '

Voyons.

LE VICOMTE

Parle.

ROSINE

Je ne sais à propos de quoi, mais ça lui a pris comme un coup de mousquet. « Fi! les hommes! c'est une hor- » reur. Fi ! l'amour ! Fi ! les coulisses ! c'est une abomina - » tion. Parlez-moi d'une belle solitude... »

LE CHEVALIER

Ah çà! qu'est-ce que tu bredouilles?

Ce n'est pas tout. « Les hommes sont d'affreux égoïstes » qui abusent de nous, et qui après, nous plantent là. » Nous ne voulons plus être plantées là ! Si on nous dit » qu'on nous aime, nous le verrons bien. — Épousez-moi, » monsieur, puisque vous m'aimez. — Sinon, votre servante, » et déguerpissez au plus vite. »

LE VICOMTE

Rends -nous notre argent, Rosine ; nous ne t'avons pas payée pour que tu te moques de nous.

ROSINE

Voilà, en raccourci, nos beaux projets de ce matin. Avisez, messieurs; moi, je me sauve.

Page 1