SCÈNE XI CORNÉLIUS, PISON
CORNÉLIUS
Nous arrivons ensemble. Eh bien?
PISON
Que Tisiphone De ses serpents de feu me tresse une couronne, Si j'oubliais jamais, et ce jour, et l'affront Dont une courtisane a fait rougir mon front!
Le croirait-on jamais, qu'un homme de ma sorte Ait, comme un portefaix, été mis à la porte !
CORNÉLIUS, riant.
Que s'est-il donc passé?
PISON
Le fat! il paraît...
CORNÉLIUS
Quoi?
J'en suis, s'il s'agit d'elle, au même point que toi
Mais j'ai le bon esprit d'en rire. La colère Serait par trop naïve. Eh! pour n'avoir su plaire, Il ne faut pas s'aller jeter au Tibre. Un peu De calme, et pour gagner attendons meilleur jeu.
PISON
C'est bien toi que j'entends! C'est à ne pas y croire. Depuis quand philosophe à ce point ?
CORNÉLIUS
Ton histoire?
J'en suis impatient. Tu railleras après.
PISON
Je guettais le départ de Lesbie. Ici près, Comme j'allais tourner le coin du temple antique Dressé par nos aïeux à l'Honneur Domestique, J'avise un marchand grec frais débarqué d'hier, Qui rangeait sur le quai sa boutique en plein air : Quelle aubaine ! J'achète un collier de topazes, Un grand miroir d'acier poli, deux jolis vases De bronze athénien, des gpains d'ambre, un péplum Comme n'en a jamais brodé le Latium ; Je charge des présents mon nègre de Nubie, Et, le front radieux, je vole chez Lesbie.
— Le seuil était désert, et je trouve en entrant La maison dans le trouble et les femmes pleurant.., « Parques ! pourquoi trancher une si belle vie ! » Pleurez, Grâces, pleurez l'oiseau cher à Lesbie! » Tout surpris, j'interroge... on ne me répond pas» J'insiste; Chrysélis survient, et sur ses pas