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SCÈNE IX

NÉÈRE, EUTYCLÈS.

eutyjj'lès.

Pour une heure d'absence, accueilli de la sorte ! Ce serait à ne pas oser franchir ma porte.

NÉ ÈRE

Quelque chose se passe, Eutyclès!... Répondez: Vous avez des secrets ?

EUTYCLÈS.

Des secrets bien gardés, Si vous les devinez ainsi sur mon visage.

Je n'interroge plus, mon ami.

EUTYCLÈS.

C'est plus sage.

La cave, le grenier, les fermes!... Pourquoi pas Le bois de la cuisine et le sel des repas?

NÉÈRE

Tant de bruit pour si peu?... Prétexte! Quelque chose Vous trouble... Pourquoi pas m'en confier la cause? Vous lisez dans mon coeur comme en un livre ouvert; Mettez aussi pour moi le vôtre à découvert.

De vos peines, ami, nous souffririons ensemble... Ensemble ! entendez-voiis ? A nous deux, il me semble Que ce serait bientôt fait de ce noir souci Qui charge votre front et vous irrite ainsi.

EUTICLÉS.

Ma chère, vous avez la clé d'or dans la bouche; Votre bonté me charme et votre amour me touche, Et si je ne vous puis confier mon secret, C'est que je nVn ai pas, je vous le dis tout net. Où mortel plus heureux? où plus belle existence?...

ISÉÈRE.

J'ai tort. Pardonnez-moi. C'est inexpérience. Qu'ai-je à vous fatiguer de questions?... Pourtant, Jadis, entre nous deux, il n'en fallait pas tant. Je n'interrogeais pas, mais vous aviez sans cesse A me dire des mots doux comme une caresse ; Et par les soirs d'été, que de fois, au jardin, Tantôt muets, tantôt nous répondant sans fin, Avons-nous, tous les deux, poursuivi cette histoire Du cœur, qu'il fait si bon raconter, si bon croire..* Vous en souvenez-vous? Pauvre amour dérangé 1 C'était l'été dernier* Urî an a tout changé*

EUTtCLÈS»

Le temps! Dans sa fraîcheur* la beauté du prestige .Ouvre des horizons qui donnent le vertige $ Non que l'on change après... mais les commencements Sont et seront toujours l'âge d'or des amants*

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