SCENE II
LIC1N1A.
Un message.
CATULLE
PI S ON , bat, i Hanlius.
Une rupture, ou peu s'en faut, je gage.
LICINIA.
Sexta, pendant la nuit dernière, n'a rêvé
Qu'hymen rompu toujours avant d'être achevé.
Elle a, dès son réveil, consulté les augures;
Mais croyant en amour leurs promesses peu sûres,
Elle n'en tient nul compte, et c'est pâle d'ennui
Qu'elle m'a dit son rêve, en ajoutant : « C'est lui,
» Lui ! que je voudrais voir. » Pour ma jeune maîtresse.
L'oracle le meilleur est un mot de tendresse.
Ytendras-tu?
• J'y serai dans une heure. On m'attend A la porte Latine, où je cours à l'instant Chercher les diamants commandés pour la fête. J'iiai , du même pas, en étoiler la tête De ma chère Sexta. Ces gages d'avenir, Peut-être changeront ses terreurs en plaisir ; Et si ma voix, d'ailleurs, a quelque effet sur elle, Nous la verrons bientôt gaie autant qu'elle est belle. Annonce-moi.
LICINIA.
J'y cours.
( Elle sort. )
CATULLE
Pour dernière santé, Buvons, ô mes amis, à ma félicité.
Les bons vins que ces vins de Falerne et de Grèce ! Faut-il y renoncer aussi?... L'heure me presse : Si j'étais en retard, le marchand, par dépit, N'aurait qu'à s'aviser de me fausser crédit ! A demain; n'allez pas l'oublier. Je vous quitte... Sexta, vous le savez, compte sur ma visite.
Or — sauf à revenir de tant d'empressement — La veille d'être époux on est encore amant.
Salut.