‹ Théâtre completChapitre 9 sur 143 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Seulement, à mon compte, il est dur, pour si peu, De mettre son honneur et son iionlieur au jeu.

PISON

C'est bien fait. Quelle idée aussi? Pour moi, j'estime,

A parler franc, l'hymen un coupe-gorge intime,

Et je ne connais rien au monde d'insensé

Comme ce tête-à-tête éternel et forcé.

Vive la gaudriole ! à bas l'épithalamc !

Comme on change de vin, il faut changer de femme,

Et de l'une sur l'autre égarant son amour,

N'obéir qu'au caprice et vivre au jour le jour.

Pour moi, c'est ma méthode — et je la trouve bonne.

CORNÉLIUS

On s'en lasse. Catulle était plus que personne De ton avis : pourtant, au filet conjugal, Le voilà pris.

PISON

Eh bien, tant mieux ! C'est un rival

Que je ne craindrai plus.

CORNÉLIUS et MÀNLIUS.

Un rival?

PISON

Oui. Lesbie Est fort belle.

MANLIUS

Est charmante i

CORNÉLIUS

Adorable !

PISON

Accomplie!

Moi je l'aime, d'abord.

MANLIUS

Moi, j'en raffole.

CORNÉLIUS

Moi, Je ne puis soutenir son regard sans émoi.

Bon ! nous voilà tous pris de passion subite ! Tendre et touchant accord dont je vous félicite. Mais n'allons pas, l'un l'autre, à l'envi nous jouer... Courtiser trois de front, c'est vouloir échouer.

PISON

C'est cela, Manlius : commence l'entreprise, Et quand nous y viendrons, la place sera prise.

CORNÉLIUS

Le piège est bien grossier pour que nous y tombions.

MANLIUS

Vous ne m'entendez pas.

PISON

Explique-toi; voyons.

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