SCÈNE III
Seulement, à mon compte, il est dur, pour si peu, De mettre son honneur et son iionlieur au jeu.
PISON
C'est bien fait. Quelle idée aussi? Pour moi, j'estime,
A parler franc, l'hymen un coupe-gorge intime,
Et je ne connais rien au monde d'insensé
Comme ce tête-à-tête éternel et forcé.
Vive la gaudriole ! à bas l'épithalamc !
Comme on change de vin, il faut changer de femme,
Et de l'une sur l'autre égarant son amour,
N'obéir qu'au caprice et vivre au jour le jour.
Pour moi, c'est ma méthode — et je la trouve bonne.
CORNÉLIUS
On s'en lasse. Catulle était plus que personne De ton avis : pourtant, au filet conjugal, Le voilà pris.
PISON
Eh bien, tant mieux ! C'est un rival
Que je ne craindrai plus.
CORNÉLIUS et MÀNLIUS.
Un rival?
PISON
Oui. Lesbie Est fort belle.
MANLIUS
Est charmante i
CORNÉLIUS
Adorable !
PISON
Accomplie!
Moi je l'aime, d'abord.
MANLIUS
Moi, j'en raffole.
CORNÉLIUS
Moi, Je ne puis soutenir son regard sans émoi.
Bon ! nous voilà tous pris de passion subite ! Tendre et touchant accord dont je vous félicite. Mais n'allons pas, l'un l'autre, à l'envi nous jouer... Courtiser trois de front, c'est vouloir échouer.
PISON
C'est cela, Manlius : commence l'entreprise, Et quand nous y viendrons, la place sera prise.
CORNÉLIUS
Le piège est bien grossier pour que nous y tombions.
MANLIUS
Vous ne m'entendez pas.
PISON
Explique-toi; voyons.