ACTE DEUXIÈME. Al
Qu'y met l'autre...— Voyons toujours un peu.
A Grif,
Mon brave, Est-ce que le sujet de la querelle est grave?
GRIF.
Des plus graves. 11 a traité d'un ton léger Un plat que j'aime.
DON ELISE 0, sourinnt.
Alors cela peut s'arranger.
GRIF.
Vous êtes son ami, je l'aperçois sans peine.
DON ELISEO.
Je risquerais ma vie au besoin pour la sienne, Crevez-lui les deux yeux !
Quoi?
DON ELISEO.
Ne vous gênez point Pour lui faire sauter les dents à coups de poing. Je ne tiens qu'à sa vie, et, pourvu qu'il existe, Vous me l'ébrancheriez, je n'en serais pas triste, Et même, à dire vrai, j'en serais enchanté. Mutilez mon ami, sans nuire à sa santé. Et je vous bénirai de la figure plate Qu'il fera n'ayant plus nez, oreille ni patte !
GRIF.
C'est une autre façon d'entendre l'amitié.
48 TRAGALDABAS
DON ELISEO.
Je n\ii pas raraitié gourmande. Une moitié
Ou même un quart d'ami peut très bien me suffire.
C'est entendu ?
GRIF.
Jamais. Je tiens à le détruire.
DON ELISEO.
Parce qu'il a parlé légèrement d'un mets?
GRIF.
Que j'aime.
DON ELISEO.
S'il vous fait des excuses?
Jamais !
DON ELISEO.
Allons,— on m'attend, moi, finissons-en, mon maître,— Ce duel n'est pas possible.
GRIF.
Il se fera.
DON ELISEO.
Peut-être !
A Tragaldabas et à Minotoro.
Cette affaire est stupide et n'ira pas plus loin.
MINOTORO.
Pourquoi?
DON ELISEO.
Par la raison qu'il vous manque un témoin. Je me retire.
MINOTORO.
Tiens!