‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 30 sur 163 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

TRAGALDABAS, MINOTORO.

MINOTORO.

En m'abîmant Dans mes réflexions touchant cette aventure. En mettant mon esprit longtemps à la torture,

54 TRAGALDABAS

J'en suis arrivé presque à trouver singulier Et même peu commun — qu'un jeune cavalier, Un garçon doux t\ Toeil et mis comme un ministre, S'expose pour sauver la vie au premier cuistre. Tu ne soupçonnes pas quel motif le poussait?

TRAGALDABAS

Nullement.

MINOTORO.

C'est assez particulier. Il sait Ton adresse. — Allons-nous manger une bouchée?

Regardant du ciUé par lequel don Elisco est parti.

Sa dame, que l'affaire avait effarouchée, Vient à sa rencontre.

TRAGALDABAS, regardant.

Ah!

n reste stupéfait.

MINOTORO.

Le couple disparaît.

Remarquant l'immobilité de Tragaldabns.

Qu'as-tu donc à rester comme un chien en arrêt?

TRAGALDABAS

Une immense clarté se fait dans ma cervelle. Et je viens d'entrevoir une face nouvelle Du mariage. Fils, écoute-moi. Sais-tu Quelle victorieuse et splendide vertu Garantit à jamais l'existence d'un homme?

MINOTORO.

C'est?...

TRAGALDABAS

C'est d'être cocu !

Page 1