‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 36 sur 163 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

DONA CAPRINA.

Quoi?

TRAGALDABAS

Non, j'en crève! Il te semble Qu'il me verrait mourir...

DONA CAPRINA.

Mais parle donc ! Je tremble.

Sans nul regret! Ah! ah! lui qui...

S'arrétant court. A part.

Suis-je fou?

DONA CAPRINA.

Qui?...

TRAGALDABAS, h part.

Si je narre la chose, elle renonce à lui Et le chasse, et je perds mon protecteur! — Mais elle Ne m'a donc pas vu hier au bois, et de quel zèle Son galant m'a sauvé? L'endroit était touffu.

DONA CAPRINA,

Mais tu le connais donc ?

TRAGALDABAS, à part.

Elle ne m'a pas vu!

DONA CAPRINA.

Que sais-tu contre lui? dis!

TRAGALDABAS

La journée est belle.

N'iras-tu pas montrer quelque robe nouvelle?

66 TRAGALDABAS

DONA CAPRINA.

Tu ne le connais pasi — Tu ne veux pas parler? Voyons, dis, que sais-tu ?

Pour récapituler La conversation, — en me prêtant à croire Que tu ne m'as pas trop écourté ton histoire, Et sans examiner de trop près ce que font Tous ces galants, — je suis assez honnête, au fond, Et je ne me sens pas d'une humeur qui tolère Cette pêche en eau trouble à moins d'un fort salaire.

DOKA CAPRINA.

Dis-moi ce que tu sais, et je double à Tinstant Tes gages.

TRAGALDABAS

Si j'ai ri, c'est que je suis content D'un rival dont un sang si noble emplit la veine.

DONA CAPRINA.

L'argent n'aj^ant rien pu, toute insistance est vaine; Je m'en vais. Mais dis-toi que, bon ou mauvais gré, Le secret que tu veux cacher, je le saurai!

Elle sort.

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