‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 52 sur 163 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Tout cela ne vaut pas le bonheur de vous voir, Silencieusement, au fond d'un bois bien noir. Et que la plus stupide entre les malhonnêtes Peut seule regretter quelque chose— où vous êtes!

Quelque chose — ou quelqu'un?

TRAGALDABAS

Quelqu'un?

DONA CAP p. IN A.

Vous supposez Que?...

DON ELISEO.

Que l'espoir d'avoir les deux pieds écrasés N'est pas ce qui vous fait aimer cette cohue, JNi même le désir naturel d'être vue Quand on se sait vos yeux. Cadiz vous contemplait, Ça vous était égal; par un oubli complet De leur emploi, vos yeux, faits pour qu'on les regarde Et pour n'apercevoir les gens que par mégarde. Distraitement, de loin, ainsi que de leurs cieux Les étoiles, — faisaient ce que font tous les yeux : Ils regardaient! non pas la fête, mais la foule. Vous alliez et veniez en tout sens dans la houle De cette mer humaine ; et, la tète en avant, Apre à tout visiter, parfois, comme trouvant. Radieuse, et soudain, votre erreur reconnue, Sombre, mais secouant votre déconvenue.

Ne vous décourageant pour rien, et sans arrêt Poursuivant, — vous cherchiez quelqu'un !

TRAGALDABAS

DONA CAPRINA.

Quand ce serait?

TRAGALDABAS

Vous cherchez quelqu'un?

DONA CAPRINA.

Oui.

TRAGALDABAS

Qui donc?

DONA CAPRINA.

C'est mon mystère.

Chacun le sien.

TRAGALDABAS

Un mot, et vous pourrez vous taire.

L'être que vous cherchez avec ce diable au corps, Est-ce une femme ou bien un homme ?

TRAGALDABAS

Un homme.

Alors,

Et sans qu'il soit besoin que ce seigneur insiste, On reste ici!

DONA CAPRINA.

Pourquoi?

TRAGALDABAS

Vous conduire à la piste D'un homme serait beau de la part d'un époux!

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